Le projet de centre fermé à Jumet connaît un nouveau tournant. Le ministre Desquesnes a accordé le permis, assorti de conditions strictes. Une décision qui tranche avec les refus précédents et qui suscite une vive incompréhension chez les opposants.
Le centre fermé de Jumet refait parler de lui. Le projet, déjà très controversé en 2017, vient de franchir une nouvelle étape décisive. Cette semaine, le ministre wallon en charge de l’Aménagement du territoire, François Desquesnes (Les Engagés), a accordé le permis d’urbanisme, mais sous conditions.
Le permis délivré est en effet assorti de plusieurs exigences. Des mesures spécifiques en matière d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite (PMR) et de nuisances acoustiques ont notamment été intégrées. Objectif affiché : garantir le respect de l’ensemble des prescriptions légales pour ce complexe dont le coût est estimé à environ 40 millions d’euros.
Le futur centre fermé serait implanté sur un terrain de deux hectares affecté à la police fédérale. Il pourrait accueillir jusqu’à 180 personnes. Le site serait entièrement sécurisé par deux clôtures de quatre mètres de haut.
Cette décision d'accorder le permis contraste fortement avec le passé. En 2019, une demande similaire avait été refusée par le ministre Carlo Di Antonio, qui estimait le projet « incompatible avec le voisinage résidentiel ». Un avis partagé par le fonctionnaire-délégué du Gouvernement wallon, Raphaël Stokis, qui avait de nouveau rejeté la demande de permis réintroduite en septembre dernier.
Dans la réponse qu’il nous a transmise, ce dernier s’étonne, non sans un certain cynisme, de voir deux décisions opposées émaner d’un même parti. Il évoque le contexte politique et les coalitions actuelles comme éléments d’explication possibles.
Aujourd’hui, la donne a donc changé. Une évolution qui laisse les opposants perplexes.
« Rien n’a changé autour du site depuis 2019, mais la réponse au permis est différente. C’est incroyable. Au-delà des arguments urbanistiques et sociologiques, il n’y a aucune raison logique de créer un endroit dans lequel on enfermerait des personnes dont le seul délit est d’être en séjour illégal », dénonce Valter Iurlaro, membre du collectif « Ni ici ni ailleurs ».
Du côté de la Ville de Charleroi, aucune communication officielle pour l’instant. Les autorités locales préfèrent attendre de disposer de l’ensemble des éléments du dossier.
Une chose est sûre : la saga du centre fermé de Jumet est loin d’être terminée
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