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Charleroi Danse: Jan Fabre déprogrammé à la suite de "pressions"

C’est par l’intermédiaire d'un communiqué envoyé samedi en fin de journée que Charleroi Danse annonçait l’annulation du spectacle de Jan Fabre: « The Fluid Force of Love ». Une annonce due à une grosse pression de la part d’anonymes qui voulaient saboter le spectacle de l’artiste flamand. Cette levée de bouclier fait suite à des accusations de harcèlements et d’attentat à la pudeur à l'encontre de l'artiste. 

L’édition 2021 de la Biennale de Charleroi Danse se voit déprogrammer son spectacle de clôture: celui de Jan Fabre. Des menaces ont même été proférées à l’encontre des artistes. « Il y a des invectives sur les interprètes de la compagnie et sur les réseaux sociaux, il y a eu des débordements », explique Annie Bozzini, la directrice de Charleroi Danse. « L’annulation est sans doute brutale mais elle est efficace car elle met toutes les équipes à l’abri. »  

Une situation complexe 

Jan Fabre est soupçonné de violence, de harcèlement et de harcèlement sexuel envers 12 de ses anciens collaborateurs et d’une accusation d’attentat à la pudeur. Mais la décision d’annuler le spectacle a été prise conjointement par les deux parties.  « La décision de programmer le spectacle, je la discute avec Jan Fabre et je discute aussi avec lui pour le déprogrammer. Je fais partie des gens qui lui parlent, confie Annie Bozzini. Il a estimé qu’il devait se mettre à l’abri ainsi que sa compagnie. »

Cette déprogrammation se transforme d’un coup en pugilat. Où se situe la frontière entre l’oeuvre et l’artiste ? Au travers de tribunes interposées, ce sont deux camps qui sont dans la même arène avec ceux qui estiment qu’on ne juge pas l’oeuvre d’un artiste et ceux qui jugent qu’un artiste ne doit pas être célébré dans le cas où il aurait fauté.

« Cet artiste-là n’est pas accusé de viol, il faut arrêter et ne pas tout mélanger, insiste la directrice de Charleroi Danse. Ca n’enlève rien aux témoignages des femmes, ça n’enlève rien à la force de leur combat, ça n’enlève rien à la nécessité de dénoncer des choses. Pour autant, l’oeuvre va rester et elle va traverser le temps. Et déboulonnant les statues en catimini, on se trouve au sommet du courage », ironise Annie Bozzini.

Si la Biennale aura bien lieu du 14 au 30 octobre prochain, la compagnie Troubleyn de Jan Fabre va rémunérer ses danseurs comme prévu, Charleroi Danse se chargera de dédommager la compagnie. Quant à la première audience du véritable procès de Jan Fabre, cette fois, elle aura lieu le 21 septembre prochain. 


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