Plusieurs centaines de travailleurs se sont rassemblés ce vendredi matin à Roux, pour commémorer les 140 ans de la révolte ouvrière de 1886. Un événement, qui rappelle plus que jamais que les luttes d’hier sont toujours celles d’aujourd’hui.
La FGTB et la CSC ont comme chaque année, commémoré la sanglante révolte ouvrière de 1886 à Roux, au cours de laquelle dix-neuf manifestants avaient perdu la vie. 140 ans plus tard, ils étaient des centaines a s’être réuni devant la gare, en mémoire des martyrs et pour le respect des libertés syndicales.
« Il y a 140 ans, des travailleurs ont été condamnés pour « faits de grève ». Mais grâce à ces luttes, les toutes premières lois sociales furent votées : interdiction du travail des enfants, assurance maladie obligatoire à la charge de l’employeur, première reconnaissance des organisations syndicales et le Suffrage Universel. Les dix-neuf de Roux ont été tués non pas parce qu’ils étaient dangereux, mais parce qu’ils se sont levés. Notre lutte est liée à la leur C’est pourquoi, plus que jamais, il est indispensable pour la FGTB de commémorer ce passé tragique », explique Vincent Pestieau, qui est secrétaire régional de la FGTB Charleroi-Sud Hainaut.
« A l’époque, des femmes et des hommes ont refusé l’injustice et se sont levés pour la dignité, mais leur combat continue de résonner : rien n’est jamais acquis, et les droits sociaux doivent être défendus chaque jour. Parce qu’encore aujourd’hui, la précarité frappe trop fort. Parce que trop de familles doivent choisir entre se chauffer et se nourrir. Parce que la sécurité sociale, les pensions, l’accès aux soins sont des piliers qu’il faut protéger », ajoute Fabrice Eeklaer, le Secrétaire fédéral de la CSC Charleroi Sambre & Meuse.
Après les traditionnels discours, un cortège s’est élancé dans les rues de la cité rovienne. Parmi la foule, on retrouvait Bert Engelaar, le nouveau Président de la FGTB.
« Nous sommes les héritiers d'une longue tradition de luttes sociales. C'est pourquoi c’est un événement émouvant aujourd'hui à Roux. Mais être un héritier ne signifie pas que vous déposez une couronne une fois par an et que vous rentrez chez vous l'esprit tranquille. Être un héritier signifie porter cette histoire comme une responsabilité. Cela signifie comprendre que les souvenirs d'hier n'ont de sens que lorsqu'ils alimentent les luttes sociales d'aujourd'hui. Cela signifie refuser l'oubli, qui joue toujours dans la carte des puissants », indique Bert Bert Engelaar, le nouveau Président de la FGTB.
Une mobilisation, qui s’est ensuite terminée par une reconstitution de la tuerie de Roux. Un moment fort, pour ne jamais oublier. Bref, 140 ans après cette page sombre de l’histoire ouvrière de la région, les héritiers de la lutte sociale s’en souviennent encore.
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