La commission Education du parlement de la FWB a approuvé lundi, à l'issue d'un débat tendu, un projet de décret sur la neutralité à l'école. Le texte interdit dès la rentrée prochaine à tout le personnel scolaire le port de signes convictionnels.
Sont concernés les enseignants, les membres de directions, les éducateurs, les stagiaires, le personnel administratif, mais aussi les ouvriers, le personnel d'entretien, les cuisiniers, les professionnels des centres psycho-médicaux-sociaux (PMS), le personnel des internats et des centres de plein air.
Une exception est toutefois prévue pour les professeurs de religion et de morale.
Concrètement, le port visible d'un voile, d'une croix, d'une étoile de David sera interdit. Il en sera de même pour tout vêtement ou accessoire (t-shirt, pin's,...) renvoyant vers une conviction politique ou philosophique.
"Nos écoles ne sont pas étanches par rapport aux extrémismes", a justifié lundi la ministre de l'Education Valérie Glatigny (MR), à l'origine du texte, lors du débat sur le texte en commission.
Selon la libérale, l'initiative a pour objectif d'offrir un "cadre éducatif neutre" aux élèves et les préparer à "participer à une société démocratique, pluraliste et ouverte".
Un cadastre global des règlements relatifs au port de signes convictionnels pour le personnel et les élèves, tous réseaux confondus, sera par ailleurs réalisé à l'avenir.
Le décret s'appliquera dès la prochaine rentrée scolaire à toutes les écoles des réseaux officiels, à savoir WBE (Wallonie-Bruxelles Enseignement), les écoles communales et provinciales, ainsi qu'aux écoles libres non-confessionnelles. Les écoles libres confessionnelles ne sont donc pas visées.
Le texte a été approuvé lundi par les députés de la majorité MR-Engagés. Très critique, l'opposition PS et Ecolo s'est abstenue. Le PTB a même voté contre.
L'opposition a dénoncé un texte qui, sans le dire ouvertement, vise en réalité surtout le port du voile et n'apporte en fin de compte pas de grandes nouveautés, le port de signes convictionnels par les enseignants étant déjà interdit dans de nombreuses écoles.
"Vous utilisez un bazooka contre un moustique!", a fustigé Bruno Bauwens (PTB).
Pour la minorité, ce décret n'a en réalité pour seul but que de faire passer au second plan les nombreux problèmes que connaît l'école (décrochage, pénurie d'enseignants, inégalités, mesures d'économies) au profit d'un texte qui alimente la guerre culturelle menée actuellement par le MR.
"Vous jouez la partition de l'extrême droite!", a notamment attaqué Dorothée De Rodder (PS).
Bénédicte Linard (Ecolo) a, elle, dénoncé une initiative politique qui ne s'appuie sur aucune étude scientifique démontrant l'existence d'une situation problématique.
Outre ce point sur le port des signes convictionnels, le décret réaffirme également la neutralité dans la transmission des savoirs. Il entend dans cette logique prévenir toute tendance à l'autocensure chez les enseignants.
Le décret prévoit d'ailleurs de mieux accompagner les enseignants pour gérer les éventuelles contestations liées aux apprentissages.
Validé lundi en commission, le décret devrait être définitivement approuvé d'ici quinze jours par la plénière du parlement.
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