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Le tumulus de Marcinelle, un témoignage important du passé à l’abandon

Le tumulus de Marcinelle, situé à la bien-nommée rue de la tombe, fait débat. Sur base de réflexions de certains riverains, le conseiller communal Défi Jean-Noël Gillard a interpellé la ville quant à son entretien. Il est laissé à l’abandon et très peu accessible car il est enclavé entre des jardins, et on s’interroge sur l’identité de son propriétaire. C’est pourtant l’un plus anciens témoignages de notre histoire locale.

 

Un vestige de l’époque romaine

Dans le quartier de la rue de la Tombe à Marcinelle, même les riverains connaissent peu son existence. On l’aperçoit seulement entre deux maisons. On dirait un mini-terril. C’est en fait un tumulus, la tombe de personnes privilégiées de la période romaine. A l’époque, on voulait afficher sa richesse, même après la mort. Avec une tombe qui se voit de loin.

« Il est déjà présent sur des cartes anciennes, précise Dominique Van Geesbergen, le Conservateur de la Société d’Archéologie de Charleroi. Le site a été fouillé au 19e siècle par la société archéologique de Charleroi. On n’y a pas trouvé beaucoup de matériel, mais la surprise vient surtout, dans les années 70, quand le Cercle d’Archéologie et d’Histoire de Marcinelle découvre une villa romaine à quelques centaines de mètres du tumulus. Et ce tumulus est sans doute la tombe du propriétaire de la villa. »

 

Le site est à l’abandon

Pourtant, ce site est méconnu et laissé à l’abandon, ce qui a fait réagir certains riverains sur Facebook.

« J’en avais entendu parler, nous a confié l’une des habitantes de la rue de la tombe. Mais il m’a fallu longtemps pour savoir qu’il était juste en face de ma maison. Mais il n’est pas accessible. Et je trouve ça triste. Pour moi, il faudrait le mettre en valeur. Avant, il semblerait que les élèves des écoles de Marcinelle venaient en visite au tumulus. Mais ça s’est perdu. »

Une préoccupation relayée par Défi au Conseil Communal de Charleroi qui pointe aussi une autre difficulté. On ne sait pas vraiment à qui appartient le site qui est à l’arrière des maisons et enclavé entre des jardins de particuliers.

« Il y a un imbroglio juridique sur la question, déplore Jean-Noël Gillard, conseiller communal Défi à Charleroi. A priori, c’est l’Etat Fédéral qui est propriétaire. Mais avec les réformes de compétences qui ont émaillé notre pays, c’est à la région qu’il revient de l’entretenir. »

 

Le Fédéral est interpellé pour l’entretien du tumulus

Du côté de Charleroi, on s’est renseigné. La Ville n’est absolument pas propriétaire du terrain. Elle ne peut rien faire. Défi a donc décidé de relayer la demande vers le fédéral, en espérant qu’une instance se mouille pour entretenir le site.

« Ce genre de site demanderait aussi des explications et la pose de panneaux didactiques, conclut le Conservateur de la société d’Archéologie de Charleroi. Mais le fait que ça soit enclavé entre les habitations, ça ne facilite pas les choses. »

Même les riverains sont partagés entre la fierté pour leur histoire, et la crainte d’être dérangés par d’éventuels visiteurs du site. En attendant, le tumulus de Marcinelle reste discret, mais nous contemple toujours du haut de ses près de dix siècles d’histoire locale.


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