Et si le silence d’un adolescent en disait plus long que mille mots ? Avec L’écho du silence, la Compagnie du Campus propose une pièce de théâtre engagée, pensée pour les jeunes et jouée directement dans les écoles.
Un miroir sensible de l’adolescence
Entre émotion, questionnements et échanges, ce spectacle invite élèves et adultes à ouvrir le dialogue sur une période de vie aussi complexe que déterminante : l’adolescence. Dans cette création poignante, le spectateur plonge dans l’histoire d’Emma et Ben, les parents de Sabrina, une adolescente de 16 ans qui a disparu. Mais plus qu’une disparition physique, c’est d’abord le silence de leur fille qui interpelle. Un silence lourd, dérangeant, qui pousse ses parents à se remettre en question, à s’interroger sur leur rôle, leurs choix, leurs mots… ou leur absence de mots.
Sur scène, les comédiens Linda Vaccarello et Emmanuel Guillaume incarnent ces parents démunis. Proposée à des élèves de la 3e à la 6e secondaire issus de cinq écoles de la région, la pièce tente d'agir comme un véritable miroir : chacun peut s’y reconnaître, que l’on soit adolescent ou parent. Les thématiques abordées (mal-être, communication difficile, pression sociale, construction de soi) résonnent avec force dans une génération souvent confrontée à des défis invisibles.
Sans jamais pointer du doigt ni culpabiliser, L’écho du silence rappelle une chose essentielle : il n’existe pas d’école pour être parent. Une idée chère à David Lallemand, qui a longtemps travaillé dans le domaine des droits de l’enfant et qui accompagne ici le projet en tant que médiateur.
Un théâtre interactif pour libérer la parole
Mais la force de ce spectacle ne s’arrête pas au rideau final. Après la représentation, un moment d’échange est organisé avec les élèves. Un temps précieux où chacun peut poser ses questions, partager ses ressentis ou simplement écouter.
Encadré notamment par David Lallemand, ce dialogue permet d’aborder les sujets parfois tabous évoqués dans la pièce. Les jeunes spectateurs, souvent touchés par l’histoire de Sabrina, trouvent là un espace d’expression libre, sans jugement.
Certains témoignages, comme celui de Joana ou Rayan, illustrent l’impact du spectacle : émotion, identification mais aussi réflexion. Car une question reste volontairement sans réponse : que s’est-il réellement passé pour Sabrina ?
Ce choix narratif fort ouvre la porte à l’imagination et à la discussion. Chaque élève est invité à construire sa propre interprétation, à prolonger l’histoire, à en débattre avec ses camarades… ou même en famille.
Avec L’écho du silence, la Compagnie du Campus prouve que le théâtre peut être bien plus qu’un divertissement. Il devient un outil pédagogique, un déclencheur de dialogue, un espace où les silences trouvent enfin...un écho.
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