Assises du Hainaut : les avocats s'affrontent concernant la responsabilité de Marcel et Steven Pillod

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Jusqu'à six mois de prison pour des membres d'une bande de hameçonnage

Le procès de Marcel Pillod, 69 ans, et de son fils Steven, 37 ans, est entré jeudi dans sa phase finale devant la cour d'assises du Hainaut. Les deux hommes sont poursuivis pour l'assassinat d'Albert Baise, 74 ans,

Le corps avait été découvert le 17 mai 2017 dans une valise flottant sur le canal Charleroi-Bruxelles, à hauteur de l'écluse de Viesville. Ils sont également renvoyés devant la cour pour recel de cadavre. Marcel Pillod doit en outre répondre des chefs d'abus de confiance et de fraude informatique.
Marcel Pillod reconnaît les faits qui lui sont reprochés, à l'exception de l'homicide. Il affirme avoir découvert son ami sans vie dans son appartement et avoir décidé, le lendemain, de se débarrasser du corps en le plaçant dans une valise puis en le jetant dans le canal, afin de récupérer une somme d'argent que la victime lui aurait promise. Son fils Steven conteste toute implication, tant dans le meurtre que dans le recel de cadavre.
Dans son réquisitoire, l'avocat général Gilles Dupuis a estimé que seul Marcel Pillod était coupable du crime. Selon l'accusation, il se trouvait chez Albert Baise le 26 avril 2017 à 15h57, heure retenue pour le décès sur base des données du pacemaker de la victime. Un morceau de journal a également été retrouvé sur le corps, à hauteur de la trachéotomie, tandis que la page correspondante, datée du 13 février 2017, a été retrouvée dans l'appartement de l'accusé.
L'accusation considère par ailleurs que la victime n'est pas décédée à la suite d'une chute accidentelle. Des traces de coups ont été relevées sur son visage. "Il a parlé de meurtre avant même d'être inculpé et a indiqué qu'il s'était cherché un alibi", a souligné l'avocat général, estimant également que le test de détection du mensonge passé par l'accusé n'était pas fiable.
Selon le ministère public, Albert Baise, qualifié de personne vulnérable en raison de son âge et de son état de santé, a été tué par des moyens violents, notamment des coups et un étouffement. La préméditation serait établie, Marcel Pillod ayant acheté la valise le matin même des faits. "Sa cupidité a été un moteur essentiel du passage à l'acte", a-t-il affirmé.
Concernant Steven Pillod, l'avocat général a requis son acquittement pour l'assassinat, son téléphone ne bornant pas à proximité de la scène de crime au moment du décès. Le recel de cadavre reste toutefois en débat, un de ses cheveux ayant été retrouvé dans la valise. L'accusation estime qu'il a participé aux faits, tout en évoquant l'influence déterminante de son père.
 
L'avocat de Marcel Pillod démonte les arguments de l'avocat général
Alors que l'accusation estime que le crime a pu être commis chez Marcel Pillod, la défense a répondu que les deux domiciles sont séparés de 260 mètres et qu'Albert Baise n'avait aucune raison de se rendre chez l'accusé.
Me Christian Mathieu est également revenu sur les conclusions du médecin légiste, qui n'a pas pu déterminer avec certitude la cause du décès. L'expert a évoqué aussi bien l'hypothèse de coups volontaires que celle d'une chute accidentelle, laissant subsister un doute. 
La défense a aussi souligné l'état de santé précaire de la victime, porteuse d'un pacemaker et ayant subi une trachéotomie. Me Mathieu a souligné qu'un malaise ne pouvait être exclu et qu'aucun élément ne permettrait, selon elle, d'affirmer que la mort résultait d'une obstruction volontaire de la canule respiratoire.
L'expertise médico-légale n'écarte par ailleurs pas la version de Marcel Pillod, selon laquelle il aurait voulu éviter l'écoulement de liquides provenant de la trachée.
La défense a encore contesté l'analyse de téléphonie présentée par l'accusation. Celle-ci se base sur un appel passé à 15h44, qui aurait démontré un aller-retour de l'accusé entre différents points de Charleroi, impliquant un retour sur les lieux du décès. L'avocat estime ce scénario incompatible avec les conditions de circulation et les contraintes de stationnement à cette heure de la journée.
Sur le plan financier, l'accusation a avancé un mobile lié à l'argent. La défense a relevé que Marcel Pillod possédait déjà la carte bancaire de la victime la veille du décès et qu'aucun témoin n'avait évoqué de conflit financier entre les deux hommes. Elle a soutenu que les sommes prêtées étaient remboursées en liquide, à l'aide de bénéfices issus de la revente de bouteilles achetées au Luxembourg.
Marcel Pillod a également passé un test polygraphique, dont la validité est contestée par l'accusation, au cours duquel il a nié toute implication dans la mort d'Albert Baise.
Enfin, concernant l'achat de la valise le matin du décès, la défense considère qu'il ne s'agissait pas d'un acte prémédité, mais d'une décision opportuniste prise après la découverte du corps. "C'est l'occasion qui a fait le larron", conclut l'avocat.
 


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