Satisfait, soulagé, ému. Nicolas D'Andrea, frère de Frédéric décédé lors de l'accident au carnaval de Strépy-Bracquegnies le 20 mars 2022, peinait à retenir ses larmes après la déclaration de culpabilité de Paolo Falzone vendredi.
"Il y a beaucoup d'émotions", souffle-t-il en quittant la salle d'audience. "Ça fait pas mal de semaines que je n'ai plus pleuré, donc effectivement la pression est un peu relâchée."
Son frère fait partie des participants au carnaval de Strépy-Bracquegnies qui ont été percutés à pleine vitesse par Paolo Falzone. Le Gille Frédéric D'Andrea s'est retrouvé sur le capot du véhicule après l'impact. Le conducteur a ensuite freiné, provoquant la chute de la victime au sol, et a redémarré en lui roulant sur le corps.
Nicolas D'Andrea est "satisfait" du verdict du jury prononcé vendredi, qui a jugé Paolo Falzone coupable de sept meurtres, même si la circonstance aggravante de la préméditation n'a pas été retenue pour son frère. "Ce qui est important aujourd'hui, c'est que les sept personnes sont reconnues victimes. Et ça fait du bien d'entendre ce prononcé, c'est un soulagement."
Pour Manon Gara, Vito Cascarano, Frédéric Cicero, Frédéric D'Andrea, Michelina Imperiale, Salvatore Imperiale, Christine Chavrepierre et sa mère Laure Gara peuvent désormais "reposer en paix" parce que le meurtre a été reconnu. "Pour nous il n'y avait pas de débat. Avec une attitude comme celle-là, en roulant comme il a pu le faire, ce serait arrivé d'une manière ou une autre à un moment donné."
Le livre du drame n'est cependant pas fermé à ses yeux. "C'est un deuil difficile, c'est long, fastidieux. Mais je pense qu'avec le verdict un grand chapitre est passé et on va pouvoir avancer dans ce deuil."
Le jury de la cour d'assises du Hainaut a rendu vendredi son verdict dans le dossier du drame de Strépy-Bracquegnies, concluant que les faits survenus lors de la nuit du carnaval, le 20 mars 2022, ne relèvent pas d'un accident de la circulation mais bien d'un acte criminel.
Paolo Falzone, conducteur de la BMW ayant percuté un groupe de carnavaliers, a été reconnu coupable de sept meurtres et de 80 tentatives de meurtre. Son passager, Antonino Falzone, a été déclaré coupable de non-assistance à personne en danger.
Les jurés ont fondé leur conviction sur le comportement adopté par Paolo Falzone avant le drame et sur sa conduite au moment des faits. Selon leur motivation, "la question n'était pas de savoir s'il allait tuer quelqu'un sur la route, mais quand". Ils relèvent que l'accusé était connu comme "un fou du volant", multipliant les excès de vitesse et les comportements dangereux malgré les avertissements reçus.
L'analyse de ses réseaux sociaux a également pesé dans l'appréciation du jury. Paolo Falzone y aurait fait de la route "son terrain de jeu", considérant que l'espace public lui appartenait. Les jurés estiment qu'"il a fait de son véhicule une arme" en augmentant la puissance du moteur.
La BMW roulait à 105 km/h lors de l'impact avec le cortège, après avoir atteint 174 km/h sur une voirie limitée à 50 km/h. Pour le jury, l'accusé "a lancé en connaissance de cause sa petite bombe en agglomération" et "a fait le choix de ne pas freiner", comptant sur les autres usagers pour s'écarter de sa trajectoire. Dès lors, la mort de victimes était "prévisible au-delà de tout doute raisonnable".
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