Les avocats de plusieurs parties civiles ont demandé vendredi aux jurés de la cour d'assises du Hainaut de répondre positivement aux questions de tentative de meurtre reprochées à Paolo Falzone dans le dossier du drame du carnaval de Strépy-Bracquegnies.
Ils ont également plaidé la culpabilité d'Antonino Falzone pour non-assistance à personne en danger.
Me Roosens a longuement insisté sur le comportement du principal accusé avant les faits. "Paolo Falzone était un amoureux des voitures, mais surtout un amoureux de la vitesse", a-t-il déclaré. Selon lui, l'accusé avait fait modifier son véhicule afin d'en augmenter la puissance, non pas pour réduire sa consommation de carburant mais pour rendre sa voiture plus performante.
L'avocat a rappelé que de nombreux éléments du dossier démontrent que Paolo Falzone avait été sensibilisé aux dangers de sa conduite. "Les procès-verbaux, les déclarations des voisins, les remontrances de son père: Paolo Falzone n'a tenu compte de rien", a-t-il affirmé.
Revenant sur la matinée du 20 mars 2022, Me Roosens a évoqué les vidéos enregistrées par l'accusé au volant. "Il filme son compteur dans la rue des Canadiens. Le son est à fond et il est impossible de percevoir un bruit extérieur comme celui d'une grosse caisse. Il tient son volant d'une seule main et le véhicule accélère dans une agglomération pourtant équipée de chicanes", a-t-il souligné.
Les conclusions de l'expertise automobile confirment la thèse de l'accusation, estime encore l'avocat. "Le fait qu'il n'a pas freiné et qu'il a continué à rouler dans la foule constitue une nouvelle preuve de son intention de tuer. Le décès de certaines personnes était une conséquence prévisible de son comportement dans le cours normal des événements", a-t-il plaidé. Me Roosens a également insisté sur le fait que l'accusé aurait encore accéléré alors qu'un gille se trouvait sur le capot de sa voiture.
L'avocat a rappelé que la vitesse était limitée à 50 km/h dans la rue des Canadiens et que cette limitation apparaissait sur le tableau de bord du véhicule. Selon les expertises, Paolo Falzone circulait à 174 km/h.
"L'absence de signalisation et d'encadrement du cortège est un faux débat", a-t-il balayé, qualifiant la voiture de l'accusé "d'arme de destruction massive".
Concernant Antonino Falzone, Me Roosens a demandé aux jurés de retenir sa culpabilité pour non-assistance à personne en danger. Selon lui, les images filmées dans les minutes qui ont suivi les faits démontrent qu'il n'a entrepris aucune démarche pour porter secours aux victimes. "La théorie de la sidération n'est pas crédible. L'expert de la défense n'a pas visionné la vidéo", a-t-il soutenu.
Me Valentine Liénard a ensuite pris la parole pour défendre plusieurs rescapés du drame, indemnes physiquement mais profondément marqués sur le plan psychologique. "Pour certains, il sera toujours 5h05, ce 20 mars 2022", a-t-elle déclaré en évoquant les témoignages recueillis auprès de ses clients.
L'avocate montoise a également estimé que les éléments du dossier permettaient d'établir les tentatives de meurtre. Elle a rappelé que Paolo Falzone avait déjà adopté auparavant des comportements dangereux au volant et a souligné qu'il circulait à 110 km/h dans une zone de chantier limitée à 30 km/h peu avant le drame.
Pour elle, les vidéos enregistrées par l'accusé montrent qu'il n'a pas ralenti à l'approche du cortège. "Il enfonce sa pédale d'accélérateur à 100% alors que le groupe est parfaitement visible", a-t-elle conclu.
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