Bombardé de questions par les avocats des parties civiles et la présidente de la cour d'assises du Hainaut, Paolo Falzone a tenté d'expliquer les contradictions relevées dans ses déclarations.
Le conducteur de la BMW, poursuivi notamment pour meurtre, a reconnu avoir menti aux enquêteurs concernant l'utilisation de son téléphone portable au moment des faits. "J'avais peur, j'étais honteux", a-t-il déclaré, visiblement déstabilisé.
Les conseils des victimes lui reprochent d'avoir affirmé, dans un premier temps, que son GSM se trouvait dans la console centrale du véhicule, avant que l'enquête ne mette en évidence qu'il réalisait une "story" au volant.
Interrogé avec insistance par la présidente, Paolo Falzone a expliqué avoir été stressé et dépassé par les événements.
Plus tôt dans la journée, Grégory D'Andrea avait livré un témoignage particulièrement émouvant devant la cour. Avec son frère Nicolas, il a perdu Frédéric D'Andrea dans le drame, qui a fait six morts et des dizaines de blessés lors d'un ramassage de Gilles. Frédéric était l'homme qui s'était accroché au capot de la BMW avant de chuter et d'être écrasé par le véhicule.
Grégory D'Andrea a raconté son arrivée sur les lieux du drame, l'annonce à ses parents et les conséquences durables de la tragédie sur sa famille. "Je suis toujours là, mais je ne suis plus moi", a-t-il confié. Il a décrit un frère protecteur, très investi dans le carnaval et apprécié dans toute la région.
Très critique envers les accusés, le témoin estime qu'ils "mentent depuis le début" et ne montrent "aucune compassion" envers les victimes. "Il nous a prouvé qu'une voiture est une arme, et qu'elle peut tuer", a-t-il déclaré à propos de Paolo Falzone.
Me Mayence demande la préméditation sur le meurtre du gille Frédéric D'Andrea
Me Jean-Philippe Mayence a demandé que la question de la préméditation soit soumise à la cour d'assises du Hainaut concernant le meurtre du gille Frédéric D'Andrea, l'homme qui s'était accroché au capot de la BMW conduite par Paolo Falzone avant de chuter et d'être écrasé par le véhicule. L'avocat estime que plusieurs éléments du dossier justifient l'examen de cette circonstance aggravante par les jurés. Il a également sollicité l'extension de la constitution de partie civile à la partie intervenante volontaire.
Me Mayence considère que le temps qui s'est écoulé a permis un temps de réflexion dans le chef du conducteur, lequel a fait le choix d'accélérer.
Cette demande est intervenue après l'audition d'un témoin ayant affirmé avoir croisé la BMW de Paolo Falzone à hauteur de la cité de la Clé des Champs. L'homme a expliqué avoir aperçu le gille D'Andrea au sol. "Je pensais au départ qu'il s'agissait de quelqu'un d'alcoolisé. J'ai appelé les secours", a-t-il déclaré, précisant qu'il ignorait alors que plusieurs victimes se trouvaient plus bas dans la rue.
Le témoin a également contesté les déclarations de l'accusé. Paolo Falzone soutient en effet ne pas le connaître. Pourtant, l'homme affirme être déjà monté dans son véhicule par le passé. Selon lui, l'accusé roulait alors à plus de 200 km/h et se vantait de connaître "tous les radars du coin". Ce dernier reconnaît toutefois s'être rendu à Namur pour une réunion avec une connaissance.
Le témoin maintient par ailleurs qu'ils étaient alors trois dans une seule voiture, et non dans deux véhicules distincts. "Paolo, je ne fais que répéter ce que tu m'as dit. Je maintiens ma version", a-t-il déclaré à la barre, qualifiant l'accusé de "jouette".
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