La cour d'assises a poursuivi mardi l'audition des témoins du drame survenu à Strépy-Bracquegnies. Les témoignages, empreints d'émotion, ont replongé la cour dans l'horreur de ce moment qui a coûté la vie à sept personnes et fait de nombreux blessés.
Le public s'est levé lorsque Paolo Falzone a pris la parole, visiblement ému.
Parmi les témoins entendus figuraient les parents d'un jeune Gille grièvement blessé. Très émue, la mère a raconté les instants précédant le drame. "Tout le monde était content de se retrouver. Nous étions du côté droit de la voirie, près de la grosse caisse. Je vois ma collègue seule et je m'avance vers elle. Puis j'entends une voiture", a-t-elle déclaré en pleurs.
Son mari a décrit un bruit similaire à "celui d'un avion". "Je tourne la tête et je vois une voiture. Je me dis qu'il va freiner, mais il ne freine pas. C'est un bruit horrible, comme une boule de bowling. Je le vois continuer et s'arrêter une centaine de mètres plus loin, puis repartir", a-t-il expliqué.
Après l'impact, le couple s'est lancé à la recherche de ses proches dans le chaos. Le père découvre rapidement son fils au sol, grièvement blessé. "Il avait un trou dans la tête, du sang partout. Je remercie mon métier de policier qui m'a appris les premiers secours", a-t-il confié. Il tente alors de maintenir son fils conscient, utilisant la veste de son épouse pour lui soutenir la tête et le plaçant en position latérale de sécurité.
Pendant ce temps, la mère cherche désespérément sa filleule et son amie. "Je criais leurs noms sans imaginer les retrouver au sol", a-t-elle témoigné. Elle finit par retrouver sa filleule, consciente mais grièvement blessée. Son amie Laure Gara, en revanche, était décédée. "On m'a dit qu'elle n'était plus là. Tout de suite, j'ai pensé à ses enfants", a relaté la témoin.
Le jeune homme blessé a été transporté d'urgence à l'hôpital Ambroise Paré à Mons, où il a subi une intervention neurochirurgicale. Sauvé, il conserve toutefois d'importantes séquelles neurologiques et comportementales.
La cour a également entendu la filleule du couple, encore contrainte de se déplacer avec des béquilles. Elle participait au carnaval de son village d'enfance après de nombreuses années d'absence. "J'étais heureuse d'être là pour mon cousin. Puis c'est le trou noir", a-t-elle déclaré.
La jeune femme a détaillé un lourd parcours médical: multiples fractures, opérations au crâne et aux membres, pneumothorax, péritonite et de longs mois de revalidation. "Chaque partie de ma vie a été marquée par le 20 mars", a-t-elle confié. Elle dit continuer à se battre pour son fils de huit ans, mais ce n'est pas facile tous les jours.
Paolo Falzone a versé quelques larmes lors de ce témoignage. "J'en ai presque les jambes coupées", dit-il, alors que le public a choisi de quitter l'auditoire.
Le compagnon de Laure Gara livre un témoignage poignant devant la cour
Le compagnon de Laure Gara, décédée lors du drame survenu le 20 mars 2022, a livré un témoignage bouleversant devant la cour d'assises du Hainaut, mardi après-midi à Mons. Il a décrit sa compagne comme une femme formidable, entièrement dévouée à sa famille, mère et grand-mère.
Le couple devait se marier le jour des 50 ans de Laure Gara. Peu avant les faits, la fille du témoin leur avait annoncé une grossesse. "Laure était heureuse", a-t-il rappelé. Il décrit sa compagne comme "le pilier de la maison", affirmant que c'est grâce à elle qu'ils avaient construit une vie heureuse. L'homme explique n'avoir rien changé dans leur habitation. "Sa robe de nuit, sa brosse à dents à côté de la mienne, rien n'a bougé", a-t-il confié.
Le jour des faits, le témoin se trouvait avec des proches lorsqu'il a entendu "un bruit" avant de voir une voiture noire percuter la foule "comme une boule de bowling dans des quilles". Passionné de mécanique, il affirme avoir entendu le moteur "en accélération" juste avant l'impact. Lui-même blessé et projeté sur le véhicule, il garde des séquelles physiques.
Il a également raconté avoir tenu Laure dans ses bras durant près de deux heures après le drame. "Je ne voulais pas lâcher sa main", a-t-il déclaré.
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