Les mesures de sécurité entourant le ramassage des Gilles au moment du drame de Strépy-Bracquegnies, le 20 mars 2022, ont, entre autres, été abordées lors des débats devant la cour d'assises du Hainaut.
Me Discepoli, avocat soutenant la thèse de l'accident plutôt que celle d'un acte criminel, a insisté sur l'absence de balisage du cortège carnavalesque.
À l'audience, un policier a rappelé que les groupes participant aux différents carnavals de la région devaient normalement être accompagnés de signaleurs portant des gilets fluorescents afin d'assurer leur visibilité sur la voie publique. Interrogé sur l'absence de tels signaleurs le matin des faits, l'agent a indiqué que "ce n'était pas l'usage de ce groupe, malgré les consignes de la Ville de La Louvière".
Le policier a également expliqué qu'à la suite du drame, les participants aux ramassages de Gilles s'étaient montrés "plus attentifs" aux questions de sécurité et d'encadrement des cortèges.
Les débats se sont aussi attardés sur l'information donnée aux riverains avant le passage des carnavaliers. Un toutes-boîtes aurait été distribué dans le quartier pour annoncer le ramassage des Gilles le 20 mars au matin. La police judiciaire a toutefois indiqué ignorer si la rue de la Croisette, où Paolo Falzone avait ses habitudes, avait effectivement reçu ce document. Selon l'avocat, cette rue aurait même été la seule à ne pas avoir été desservie.
Des affiches avaient également été placées dans certains commerces et des annonces publiées sur les réseaux sociaux.
Les policiers entendus ont enfin confirmé que Paolo Falzone, décrit comme "manifestement en état de choc" après les faits, s'était plaint sur place de l'absence de balisage du cortège.
Ce Jeudi, la cour va auditionner un expert automobile.
Les enquêteurs présentent leurs analyses de la conduite de Paolo Falzone
Pour comprendre le comportement au volant Paolo Falzone, la police judiciaire a examiné 97 vidéos retrouvées dans son téléphone. L'analyse s'est concentrée sur la BMW utilisée depuis mai 2019, louée via la société de sa mère et dont la puissance aurait été modifiée peu après sa prise en main.
Les images révèlent une conduite dangereuse et répétée, filmée par l'intéressé lui-même. Plusieurs séquences le montrent roulant à des vitesses très élevées, atteignant jusqu'à 260 km/h sur autoroute ou plus de 200 km/h sur des routes limitées à 90 km/h. Les enquêteurs soulignent une mise en scène récurrente : une main au volant, l'autre tenant le téléphone, avec de la musique de rap diffusée à plein volume.
D'autres vidéos attestent d'excès de vitesse en agglomération, parfois dans des conditions de visibilité réduite ou sur chaussée humide. Certaines images montrent également le conducteur manipulant de l'alcool ou consommant des stupéfiants au volant.
Les témoignages de proches et l'analyse des réseaux sociaux décrivent un rapport particulier à la voiture, perçue comme un symbole de puissance et de supériorité. Des comportements jugés inquiétants ont été rapportés par des passagers et des voisins, évoquant notamment des accélérations brusques, des freinages secs et des passages nocturnes à vive allure.
Enfin, les enquêteurs ont relevé de multiples infractions routières antérieures. Malgré cela, Paolo Falzone n'avait fait l'objet que d'une seule condamnation, assortie d'un retrait de permis de trois mois. Une sanction qui, selon les policiers, n'a pas modifié son comportement.
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