Le tribunal correctionnel de Mons ouvre mardi un dossier sensible portant sur des faits présumés de détournement de subsides à la Province de Hainaut, d'abus de biens sociaux, de faux, d'usage de faux et d'abus de faiblesse.
Il y a actuellement une dizaine de prévenus qui sont concernés. Trois jours d'audience sont prévus.
Au cœur de l'affaire se trouvent la Province de Hainaut, le baron Jean-Marie Bogaert et l'ancien député provincial libéral Gérald Moortgat. Le dossier a émergé après la diffusion d'une enquête de l'émission Investigations de la RTBF, mettant en lumière des pratiques jugées opaques.
L'instruction comporte deux volets. Le premier concerne la location d'un domaine appartenant au baron, situé dans le sud de la France, destiné à accueillir des résidents du centre provincial Arthur Regnier, dirigé par Jean-Marie Bogaert. Des montants ont été engagés malgré l'annulation des séjours en raison de la pandémie de Covid-19.
La Province de Hainaut s'est constituée partie civile et estime son préjudice à plusieurs centaines de milliers d'euros.
Le second volet porte sur des soupçons d'abus de faiblesse. Le baron aurait obtenu de plusieurs personnes en situation de handicap la signature de documents lui cédant tout ou partie de leur héritage, pour un préjudice évalué à 376.000 euros. Un clerc de notaire est poursuivi comme complice présumé.
Gérald Moortgat est, pour sa part, suspecté d'avoir facilité la conclusion d'une convention en 2014 entre le baron et la Province.
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