L'avocat d'Antonino Falzone devant la cour d'assises du Hainaut, Me Fabrice Guttadauria, a plaidé mercredi l'acquittement de son client accusé de 60 non-assistances à personnes en danger.
Le passager du véhicule de Paolo Falzone lors du carnaval de Strépy-Bracquegnies n'avait pas la possibilité d'interrompre la course du principal accusé et était en "évident état de sidération" après les faits, a-t-il souligné. "A aucun moment Antonino n'a eu la maîtrise de quoi que ce soit."
A quelques mètres de l'accusé qu'il défend, l'avocat a débuté sa plaidoirie en faisant le récit à la première personne du "cauchemar" vécu par son client. "L'ironie du sort" d'avoir été dans cette voiture "alors qu'il n'a jamais commis d'excès de vitesse" et qu'il avait hésité à sortir en boîte de nuit avec le principal accusé. "L'océan de souffrance" des parties civiles, "les vies brisées, les familles décimées", une vie de "reclus" avec sa famille et les menaces de mort.
Me Fabrice Guttadauria raconte qu'Antonino Falzone est désormais "le passager" de "l'engin de mort", "le convoyeur", "le copilote", "le sidéré", "déshumanisé" et traité de "lâche". "Lui aussi représente la mort pour les victimes."
Son client n'est pourtant pas responsable des actes de Paolo Falzone, avec qui il ne partage aucun lien de parenté, insiste l'avocat. Il rappelle que, en droit belge, le statut de passager est celui d'usager faible et qu'il n'implique aucune obligation légale. Il peut somnoler, être inattentif à la vitesse, à la maitrise du véhicule, il peut même boire de l'alcool.
"Cette notion a ici été oubliée et est devenue le statut d'un monstre qui était dans cette voiture", déplore Me Fabrice Guttadauria.
Antonino Falzone est accusé de non-assistance à 60 personnes en danger, soit toutes les victimes décédées et blessées. Cinquante-huit se trouvaient dans la rue des Canadiens, lieu de l'accident, et deux partiellement dans l'habitacle de la voiture qui s'est immobilisée environ un kilomètre plus loin. "Ce qu'on vous dit en gros, c'est que si Antonino avait sonné à une porte, s'il avait interpellé un passant ou hélé une voiture, il aurait pu apporter une aide à toutes les personnes de la rue des Canadiens", commente l'avocat qui conteste cette thèse.
Il remarque par ailleurs qu'il faut une personne vivante pour concrétiser la non-assistance à personnes en danger. Or, d'après les médecins légistes, six victimes sont décédées quasiment sur le coup, ajoute-t-il.
Mardi, l'avocat général a surtout insisté sur "l'inertie" de l'accusé après l'arrêt du véhicule. Des images de vidéosurveillance montrent qu'il n'apporte aucune aide aux deux victimes qui ont traversé le pare-brise. Mais il était "horrifié", "tétanisé", "incapable de réfléchir, de prendre une initiative", défend son avocat. Cette vidéo lui "fait honte", comme s'il était "sorti de son corps".
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