Le comportement routier de Paolo Falzone avait suscité de nombreuses inquiétudes bien avant le drame de Strépy-Bracquegnies du 20 mars 2022, ont affirmé vendredi plusieurs témoins devant la cour d'assises du Hainaut.
Des voisins et connaissances de l'accusé ont décrit une conduite jugée dangereuse et répétitive dans le quartier résidentiel où il vivait à Maurage.
Une cousine de Frédéric D'Andrea a expliqué avoir été marquée par une manœuvre effectuée par Paolo Falzone dans la rue de la Croisette. Selon elle, celui-ci avait parcouru plusieurs centaines de mètres en marche arrière à vive allure. L'accusé a indiqué ne pas se souvenir des faits. L'ancienne commerçante a également affirmé l'avoir vu circuler régulièrement à vitesse excessive à Maurage. "C'était de l'inconscience, il aurait pu blesser des enfants", a-t-elle déclaré.
Une ancienne voisine, enseignante de profession, a relaté que plusieurs habitants du lotissement s'inquiétaient du comportement de l'accusé, principalement la nuit. Elle a expliqué que des accélérations et crissements de pneus d'une BMW troublaient fréquemment le calme du quartier. Selon elle, Paolo Falzone effectuait régulièrement des tours du carré central du lotissement "à vive allure", sans raison apparente. Des scènes qui ont été filmées par plusieurs caméras de surveillance.
La témoin a indiqué avoir répondu à un appel à témoins après le drame afin de signaler ces comportements. "Je craignais qu'un accident se produise. Malheureusement, cette crainte s'est réalisée", a-t-elle déclaré à la barre.
Interrogé sur ces faits, Paolo Falzone a reconnu avoir effectué des accélérations dans le quartier avant de rentrer chez lui. Il a expliqué qu'il faisait le tour du lotissement pour replacer son véhicule dans le sens de la sortie.
Le voisin direct de l'accusé a également livré un témoignage particulièrement sévère. "Je voulais un endroit paisible pour élever mes enfants et je me suis retrouvé avec un fou du volant comme voisin", a-t-il déclaré. Selon lui, les excès de vitesse étaient quotidiens, principalement la nuit. Il affirme avoir demandé à plusieurs reprises à Paolo Falzone de ralentir, sans résultat.
Le témoin a raconté qu'après un épisode de pneus qui crissent en pleine nuit, il avait contacté les parents de l'accusé. Selon lui, le père de Paolo Falzone lui aurait alors lancé : "Arrête de rouler comme ça. Un jour, tu vas tuer quelqu'un."
Un autre habitant du quartier, policier de profession, a confirmé les inquiétudes des riverains. Il a expliqué qu'un groupe Messenger avait été créé entre voisins afin de discuter de la situation et qu'un agent de quartier aurait été averti.
Ce policier était de service à Binche lors du drame de Strépy-Bracquegnies. Arrivé sur place peu après les faits, il dit avoir été profondément marqué par les scènes découvertes. "J'ai eu l'impression de revivre l'attentat de Nice", a-t-il déclaré, évoquant des victimes au sol et des collègues en larmes.
Le procès reprendra mardi à 9h.
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