D'anciennes compagnes et connaissances de Paolo Falzone ont défilé devant la barre de la cour d'assises jeudi matin pour dresser le portrait de l'accusé. Elles ont toutes confirmé sa passion pour la voiture et son amour pour la vitesse.
Selon une témoin, ces frissons compensaient un mal-être général. "Il était la risée de tous alors il compensait comme ça, avec les grosses voitures."
Une première-ex-compagne a expliqué avoir connu Paolo Falzone sur les réseaux sociaux il y a une dizaine d'années. Elle savait qu'il "aimait bien la vitesse, rouler vite". Elle avait vu les vidéos qu'il publiait, celles qui témoignaient d'importants excès de vitesse. Il en réalisait une lorsqu'il a percuté le cortège au carnaval de Strépy-Bracquegnies en mars 2022.
"Moi j'ai peur de la vitesse donc j'ai directement dit qu'il ne devait pas rouler vite", ajoute-t-elle. "Il a arrêté."
Une autre de ses anciennes amies n'a pas eu cette possibilité. Un jour, Paolo Falzone lui propose de la prendre en voiture "pour discuter, montrer où il habitait", se souvient-elle. "Très vite, le sujet a tourné autour de sa voiture. C'était la plus belle, beaucoup de gens étaient jaloux parce qu'il 'cramait' celle des autres."
Elle évoque "une sorte de tic". D'après son récit, Paolo Falzone tenait le volant d'une main et se balançait d'avant en arrière, "en gémissant", pendant ses accélérations. "Il avait l'air totalement déconnecté", poursuit-elle. "Je lui demandais de ralentir mais il ne réagissait pas. C'était assez effrayant." Elle assure que le compteur a dépassé les 200 km/h.
La témoin suivante confirme ce comportement. "Il roulait comme un fou", abonde-t-elle.
Une autre femme a expliqué qu'elle était dans la voiture avec l'accusé lorsqu'il a été interpellé en 2016 à La Louvière. Selon le procès-verbal des policiers, Paolo Falzone était en état d'ivresse mais il avait refusé de se soumettre à l'analyse de l'haleine, sans motif valable. Le co-accusé Antonino Falzone faisait aussi partie des passagers.
Les policiers n'avaient pas fait état d'excès de vitesse mais l'accusé roulait vite, précise la témoin. "Paolo s'est créé un monde dans lequel il n'avait pas d'amis, il n'était pas aimé de tous", analyse-t-elle. "Il n'était que dans le paraître."
Un témoin met Paolo Falzone dans l'embarras avec la vidéo des faits
Une ancienne connaissance de Paolo Falzone a livré jeudi matin un témoignage embarrassant pour l'accusé devant la cour d'assises du Hainaut. La témoin a affirmé que celui-ci lui avait parlé, dès avril 2022, d'une vidéo enregistrée au moment du drame et lui avait précisé qu'il roulait à 174 km/h. Or, cette information ne sera découverte par les enquêteurs que plusieurs mois plus tard, en juin.
Elle a indiqué avoir adressé, en avril 2022, un courrier afin d'obtenir un droit de visite à la prison de Tournai, où elle s'était présentée comme la petite amie de l'accusé. Lors de cette rencontre, Paolo Falzone lui serait apparu "en état de choc" et "angoissé".
Selon son témoignage, l'accusé lui aurait alors confié avoir filmé son compteur de vitesse avec son téléphone portable alors qu'il circulait à 174 km/h. Une vidéo découverte par la police deux mois plus tard.
Interrogé par Me Mayence sur cette déclaration, Paolo Falzone a contesté se souvenir avoir fourni un tel niveau de détail. "Je lui ai certainement dit que je roulais vite, mais pour le reste, non", a-t-il déclaré.
La témoin a toutefois maintenu sa version, affirmant que l'accusé tenait bien son GSM en main et qu'il avait réalisé une vidéo.
Me Discepoli, avocat de l'accusé, a relevé que cette information n'avait jamais été communiquée aux enquêteurs par la témoin.
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