Procès Falzone : Les parents de Paolo Falzone devant le juge

par

Procès Falzone : Les parents de Paolo Falzone devant le juge

Le père et la mère de l'accusé Paolo Falzone se sont exprimés mercredi. Le père a fait savoir que son fils avait "reprogrammé" sa voiture BMW, celle qu'il conduisait lors de l'accident au carnaval de Strépy-Bracquegnies en mars 2022.

La puissance était passée de 292 à 355 chevaux. "Je lui ai dit que je n'étais pas d'accord. Mais c'était fait, je ne savais plus rien faire", a-t-il livré devant la cour d'assises. Son fils l'avait fait pour "une petite accélération de temps en temps", selon lui.
Le sexagénaire retraité décrit son fils comme "un garçon très gentil et aimable". "Il n'a jamais eu de problèmes avec la Justice, c'est quelqu'un de droit", ajoute-t-il spontanément.
Le père et le fils partagent la passion pour les voitures, "moi aussi j'aime bien les belles carrosseries", explique le paternel. "Mais on parlait de jantes, jamais de vitesse. Il n'a jamais eu un accident alors qu'il conduit depuis 20 ans." Le sexagénaire en déduisait que son fils "faisait attention".
Il assure d'ailleurs qu'on ne lui a jamais rapporté des comportements dangereux de son fils, alors que plusieurs témoignages ont fait état d'excès de vitesse importants dans le quartier. "On ne m'a jamais dit ça, jamais. Je n'ai jamais vu qu'il roulait comme un sauvage."
 
L'accusé et sa mère se contredisent sur les instants qui ont suivi l'accident
Paolo Falzone a immédiatement appelé sa mère après avoir immobilisé son véhicule dans la foulée de l'accident au carnaval de Strépy-Bracquegnies, plus d'un kilomètre après le choc avec le cortège folklorique. "Il hurlait, il pleurait", a-t-elle raconté mercredi soir devant la cour d'assises du Hainaut. La mère et son fils ne livrent cependant pas la même version sur la teneur de leur conversation, surtout concernant le nombre de victimes.
Lors de l'enquête, Paolo Falzone a expliqué que son premier réflexe après l'accident avait été d'appeler sa mère, pas les secours. "Maman, j'ai tué des gens, je vais aller en prison, je suis triste de ce qui est arrivé", a-t-elle décrit, assurant se baser sur le son d'une caméra de vidéosurveillance dans la rue Aubry à Strépy-Bracquegnies, qui fait partie du dossier. Les enquêteurs ont pourtant certifié n'avoir rien entendu sur ces images.
La mère ajoute que l'accusé "était choqué", ne savait pas où il se trouvait. "Il voyait les deux personnes dans la voiture", celles qui avaient traversé le pare-brise après le choc. L'une a survécu, Salvatore Imperiale fait lui partie des sept personnes décédées.
Me Mayence, qui défend une centaine de parties civiles, a alors bousculé l'accusé en lui faisant remarquer qu'il avait toujours expliqué n'avoir vu qu'une seule personne dans l'habitacle, la blessée. Lors de l'audition devant le juge d'instruction, il avait expliqué avoir entendu des bruits de respiration. "Si vous dites avoir 'tué des gens', de qui parliez-vous alors ? Où avez-vous tué des gens ?", s'est énervé l'avocat.
Après quelques débuts d'explications confus, l'accusé a finalement répété qu'il ne se souvient pas. "J'ai toujours dit que je voyais une personne sur la console centrale. Je ne me souviens pas, mis à part cette dame je n'ai vu personne."
 
Âgée de 64 ans et couturière de profession, elle a livré un témoignage chargé d'émotion. Elle a affirmé avoir élevé Paolo Falzone "du mieux possible" dans une famille "discrète" et a expliqué que son fils, passionné de voitures, passait de longues heures à entretenir sa BMW, achetée en 2019 via sa société.
Selon ses déclarations, elle avait laissé son fils choisir lui-même les options du véhicule. Elle a toutefois assuré ne jamais avoir été informée de la reprogrammation du moteur, dont la puissance était passée de 292 à 355 chevaux. "Paolo savait très bien que j'aurais dit non", a-t-elle affirmé.
La mère de Paolo Falzone a affirmé qu'il y avait "deux personnes" encastrée dans le véhicule, alors que l'accusé a déclaré n'avoir vu "qu'une dame", malgré la présence de Salvatore Imperiale dans l'auto.
"Une ou deux, quelle différence ?", a lancé la mère de l'accusé, provoquant des réactions dans le public.
L'avocat a également souligné que Paolo Falzone avait affirmé avoir "tué des gens", alors qu'une des personnes évoquées, surnommée "Fifa", était toujours vivante après les faits. Confronté à ses précédentes déclarations devant le juge d'instruction, l'accusé a dit ne plus se souvenir avoir indiqué que cette femme respirait encore.
La mère de l'accusé a aussi été interrogée sur le gille aperçu au sol. Elle a expliqué ne jamais avoir évoqué cet élément auparavant parce que "son cerveau s'était bloqué" avant de s'en souvenir en revoyant les vidéos du drame.
Enfin, interrogée par Me De Beco sur ses déclarations selon lesquelles son fils "ne l'avait pas fait exprès", elle a répondu : "Je sais que Paolo n'est pas un garçon violent. Pour moi, ce qui est arrivé n'était pas voulu."
 

 


Sur le même sujet

Recommandations

Image
Procès Falzone : "Cette voiture était une arme de destruction massive", selon les parties civiles

Procès Falzone : "Cette voiture était une arme de destruction massive", selon les parties civiles

Les avocats de plusieurs parties civiles ont demandé vendredi aux jurés de la cour d'assises du Hainaut de répondre positivement aux questions de tentative de meurtre reprochées à Paolo Falzone dans le dossier du drame du carnaval de Strépy-Bracquegnies.
Image
Procès Falzone : Tous les témoins ont été auditionnés, place aux plaidoiries et au réquisitoire

Procès Falzone : Tous les témoins ont été auditionnés, place aux plaidoiries et au réquisitoire

Les 269 témoins convoqués par la cour d'assises ont tous été auditionnés.Les avocats des parties civiles entament les plaidoiries avec Me Elena D'Agristina, Me Philippe Roosens et Me Valentine Liénard et enfin Me Jean-Philippe Mayence.
Image
Procès Falzone : Plusieurs ex-compagnes témoignent du goût de l'accusé pour la vitesse

Procès Falzone : Plusieurs ex-compagnes témoignent du goût de l'accusé pour la vitesse

D'anciennes compagnes et connaissances de Paolo Falzone ont défilé devant la barre de la cour d'assises jeudi matin pour dresser le portrait de l'accusé. Elles ont toutes confirmé sa passion pour la voiture et son amour pour la vitesse.
Image
Douze ans de prison pour viols sur sa petite-fille durant six années

Douze ans de prison pour viols sur sa petite-fille durant six années

Le tribunal correctionnel a condamné le prévenu pour viols et production, détention et accès à des fichiers montrant des violences sexuelles sur ses deux petites-filles, entre 2019 et 2025.
Image
Ce jeudi, les ouvriers de Thy-Marcinelle durcissent le mouvement de grève

Ce jeudi, les ouvriers de Thy-Marcinelle durcissent le mouvement de grève

Les ouvriers de la phase à chaud de l'entreprise sidérurgique Thy-Marcinelle à Charleroi ont reconduit jeudi la grève entamée la semaine dernière et prolongée depuis lors.
Image
Procès Falzone : Paolo Falzone voulait faire une accélération pour sa story

Procès Falzone : Paolo Falzone voulait faire une accélération pour sa story

Paolo Falzone a été interrogé mardi sur ses vidéos sur les réseaux sociaux quelques instants avant les faits. Un témoin lui a demandé s'il cherchait, à travers ses stories, à montrer "la puissance de sa voiture ou ses capacités de pilote".
Image
Procès Falzone : Tous les témoins ont été auditionnés, place aux plaidoiries et au réquisitoire

Procès Falzone : Les voisins de Paolo Falzone avaient dénoncé sa vitesse excessive

Le comportement routier de Paolo Falzone avait suscité de nombreuses inquiétudes bien avant le drame de Strépy-Bracquegnies du 20 mars 2022, ont affirmé vendredi plusieurs témoins devant la cour d'assises du Hainaut.
Image
Procès Falzone : Plusieurs ex-compagnes témoignent du goût de l'accusé pour la vitesse

Procès Falzone : Les secouristes marqués à vie par le drame de Strépy-Bracquegnies

Les services de secours intervenus lors du drame de Strépy-Bracquegnies, le 20 mars 2022, ont livré jeudi des témoignages émouvants devant la cour d'assises du Hainaut.
Image
Procès Falzone : Tous les témoins ont été auditionnés, place aux plaidoiries et au réquisitoire

Sept ans de prison ferme pour viols sur un homme dans un parc à Charleroi

Le tribunal correctionnel de Charleroi a prononcé ce jeudi une peine de sept ans de prison ferme contre un prévenu actuellement détenu et condamné pour un double viol commis sur la même victime, dans un parc de la métropole.
Image
Cinq ans de prison requis pour viols sur deux victimes, dont une mineure d'âge

Cinq ans de prison requis pour viols sur deux victimes, dont une mineure d'âge

Le parquet a requis mercredi, une peine de cinq ans de prison contre un prévenu poursuivi pour viols et atteintes à l'intégrité sexuelle sur deux victimes, dont une mineure d'âge âgée de plus de seize ans au moment des faits.
Image
Procès Falzone : Paolo Falzone voulait faire une accélération pour sa story

Procès Falzone : Paolo Falzone décontenancé par les questions des parties civiles et de la présidente

Bombardé de questions par les avocats des parties civiles et la présidente de la cour d'assises du Hainaut, Paolo Falzone a tenté d'expliquer les contradictions relevées dans ses déclarations.
Image
Cinq ans de prison ferme requis pour coups et blessures, harcèlement et viols

Cinq ans de prison ferme requis pour coups et blessures, harcèlement et viols

Le ministère public a requis mercredi, une peine de 5 ans de prison ferme contre un prévenu actuellement détenu et poursuivi pour viols, coups et blessures et harcèlement sur sa compagne. Ce dernier, quadragénaire, conteste l'agression sexuelle.
Image
Procès Falzone : Le procès se poursuit avec l'audition de celle qui accompagnait les accusés avant le drame

Procès Falzone : Le procès se poursuit avec l'audition de celle qui accompagnait les accusés avant le drame

Le procès relatif au drame du carnaval de Strépy-Bracquegnies s'est poursuivi mercredi avec l'audition d'une jeune femme qui avait passé la nuit avec Paolo et Antonino Falzone, dans une discothèque de la région montoise, quelques heures avant les faits.
Image
Procès Falzone : Des Gilles racontent l'horreur sur la rue des Canadiens à Strépy

Procès Falzone : Des Gilles racontent l'horreur sur la rue des Canadiens à Strépy

La cour d'assises du Hainaut a conclu mardi l'audition des témoins dans le procès de Paolo et Antonino Falzone, poursuivis à la suite du drame survenu le 20 mars 2022, rue des Canadiens à Strépy-Bracquegnies.
Image
Douze ans de prison pour viols sur sa petite-fille durant six années

Une peine de travail pour un vol avec violence commis au domicile d'un septuagénaire

Le tribunal correctionnel de Charleroi a prononcé lundi une peine de 200 heures de travail contre trois individus ayant participé à un vol avec violence au domicile d'un septuagénaire.