Procès Falzone : Paolo Falzone voulait faire une accélération pour sa story

par

Procès Falzone : Paolo Falzone voulait faire une accélération pour sa story

Paolo Falzone a été interrogé mardi sur ses vidéos sur les réseaux sociaux quelques instants avant les faits. Un témoin lui a demandé s'il cherchait, à travers ses stories, à montrer "la puissance de sa voiture ou ses capacités de pilote".

Je voulais "faire une accélération", a répondu l'accusé. Il a expliqué que son véhicule "répondait mieux en mode sport".
Interrogé à plusieurs reprises par la présidente de la cour sur les circonstances ayant précédé le drame, Paolo Falzone est resté évasif, répondant souvent : "je ne sais pas".
L'avocat des parties civiles, Me Mayence, a également questionné l'accusé sur le choix du trajet emprunté. "Pourquoi ne pas avoir refait la story sur la même route que la première, et pas sur la rue des Canadiens ?", a-t-il demandé.
Paolo Falzone a répondu qu'il se rendait à cet endroit "pour ramener son ami". Le concerné, Antonino Falzone, a toutefois affirmé qu'il n'était "pas normal" qu'ils se retrouvent à cet endroit-là.
Le 20 mars 2022, Paolo Falzone avait filmé une première séquence montrant son compteur de vitesse alors qu'il traversait l'agglomération de Maurage à plus de 170 km/h. Après un arrêt, sa voiture avait été passée manuellement du mode "confort" au mode "sport".
Quelques instants plus tard, le véhicule s'était engagé à vive allure dans la rue des Canadiens, atteignant 174 km/h quelques secondes avant l'impact avec le cortège carnavalesque chargé du ramassage des gilles. Six personnes ont perdu la vie, et une septième deux ans plus tard, et il y a eu de nombreux blessés.
 
La défense insiste sur l'absence de signaleurs lors du ramassage des Gilles
Me Franck Discepoli, l'avocat de Paolo Falzone, a souligné mardi l'absence d'encadrement de sécurité autour de la société de Gilles "Boute en train" au moment de l'accident au carnaval de Strépy-Bracquegnies. Un règlement communal demandait pourtant la présence de signaleurs en gilet jaune munis de lampes fluorescentes. "On a toujours fait le ramassage de cette façon et jamais aucun incident ne s'était produit", a raconté l'un des responsables de la société.
Plusieurs membres des "Boute en train", la société de Gilles percutée par la voiture de Paolo Falzone le 20 mars 2022, ont témoigné devant la cour d'assises du Hainaut mardi. "On a appris à la dernière minute qu'on pouvait faire le carnaval après la période du Covid, c'est pour ça qu'on était tous euphoriques", se souvient le secrétaire du groupe.
Comme d'habitude, la machine carnavalesque se déploie, des réunions s'organisent pour fixer les horaires et dessiner le parcours de la trentaine de ramassages. "On a eu peu de temps pour préparer le carnaval mais on est restés sur les bases: rester correct, ne pas boire", détaille le président des "Boute en train" depuis 2010.
Les règles de sécurité communales sont aussi rappelées verbalement. Hors du périmètre de sécurité qui englobe le centre-ville, la présence des Gilles sur la route doit normalement être balisée par des signaleurs munis de lampes fluorescentes. Les déplacements doivent également se faire à mi-chaussée.
L'avocat de Paolo Falzone a remarqué que ce n'était pas le cas au moment de l'accident, dans la rue des Canadiens, lorsque l'accusé a percuté le cortège à plus de 100 km/h.
"On a toujours fait le ramassage de cette façon", a répondu le président de la société, Gille pendant 36 ans. "Généralement c'est convivial le carnaval. Quand une voiture arrive, elle ralentit. Les Gilles offrent un ramon au conducteur, ou une orange, mais on n'arrive pas à 174 km/h en fonçant dans les gens."
Des signaleurs n'auraient d'ailleurs pas empêché le drame car ils se placent derrière la musique et n'indiquent donc pas la présence d'accompagnants, ajoute le septuagénaire.
Depuis l'accident, de nouvelles mesures de sécurité ont été prises. Elles imposent la présence d'une voiture derrière, avec les quatre feux clignotants, pour protéger le groupe.


Sur le même sujet

Recommandations

Image
Procès Falzone : Les voisins de Paolo Falzone avaient dénoncé sa vitesse excessive

Procès Falzone : Les voisins de Paolo Falzone avaient dénoncé sa vitesse excessive

Le comportement routier de Paolo Falzone avait suscité de nombreuses inquiétudes bien avant le drame de Strépy-Bracquegnies du 20 mars 2022, ont affirmé vendredi plusieurs témoins devant la cour d'assises du Hainaut.
Image
Procès Falzone : Les secouristes marqués à vie par le drame de Strépy-Bracquegnies

Procès Falzone : Les secouristes marqués à vie par le drame de Strépy-Bracquegnies

Les services de secours intervenus lors du drame de Strépy-Bracquegnies, le 20 mars 2022, ont livré jeudi des témoignages émouvants devant la cour d'assises du Hainaut.
Image
Procès Falzone : Les voisins de Paolo Falzone avaient dénoncé sa vitesse excessive

Sept ans de prison ferme pour viols sur un homme dans un parc à Charleroi

Le tribunal correctionnel de Charleroi a prononcé ce jeudi une peine de sept ans de prison ferme contre un prévenu actuellement détenu et condamné pour un double viol commis sur la même victime, dans un parc de la métropole.
Image
Cinq ans de prison requis pour viols sur deux victimes, dont une mineure d'âge

Cinq ans de prison requis pour viols sur deux victimes, dont une mineure d'âge

Le parquet a requis mercredi, une peine de cinq ans de prison contre un prévenu poursuivi pour viols et atteintes à l'intégrité sexuelle sur deux victimes, dont une mineure d'âge âgée de plus de seize ans au moment des faits.
Image
Procès Falzone : Paolo Falzone voulait faire une accélération pour sa story

Procès Falzone : Paolo Falzone décontenancé par les questions des parties civiles et de la présidente

Bombardé de questions par les avocats des parties civiles et la présidente de la cour d'assises du Hainaut, Paolo Falzone a tenté d'expliquer les contradictions relevées dans ses déclarations.
Image
Cinq ans de prison ferme requis pour coups et blessures, harcèlement et viols

Cinq ans de prison ferme requis pour coups et blessures, harcèlement et viols

Le ministère public a requis mercredi, une peine de 5 ans de prison ferme contre un prévenu actuellement détenu et poursuivi pour viols, coups et blessures et harcèlement sur sa compagne. Ce dernier, quadragénaire, conteste l'agression sexuelle.
Image
Procès Falzone : Le procès se poursuit avec l'audition de celle qui accompagnait les accusés avant le drame

Procès Falzone : Le procès se poursuit avec l'audition de celle qui accompagnait les accusés avant le drame

Le procès relatif au drame du carnaval de Strépy-Bracquegnies s'est poursuivi mercredi avec l'audition d'une jeune femme qui avait passé la nuit avec Paolo et Antonino Falzone, dans une discothèque de la région montoise, quelques heures avant les faits.
Image
Procès Falzone : Des Gilles racontent l'horreur sur la rue des Canadiens à Strépy

Procès Falzone : Des Gilles racontent l'horreur sur la rue des Canadiens à Strépy

La cour d'assises du Hainaut a conclu mardi l'audition des témoins dans le procès de Paolo et Antonino Falzone, poursuivis à la suite du drame survenu le 20 mars 2022, rue des Canadiens à Strépy-Bracquegnies.
Image
Une peine de travail pour un vol avec violence commis au domicile d'un septuagénaire

Une peine de travail pour un vol avec violence commis au domicile d'un septuagénaire

Le tribunal correctionnel de Charleroi a prononcé lundi une peine de 200 heures de travail contre trois individus ayant participé à un vol avec violence au domicile d'un septuagénaire.
Image
Procès Falzone : Les secouristes marqués à vie par le drame de Strépy-Bracquegnies

Procès Falzone : Des chaussures sur les toits, une flaque de sang, des amis se souviennent du chaos

Un groupe de jeunes amis s'est replongé lundi dans les instants qui ont suivi l'accident de Strépy-Bracquegnies le 20 mars 2022. Ils ont décrit leur incompréhension après le choc avec la voiture de Paolo Falzone et la longue recherche des survivants.
Image
Une peine de travail pour un vol avec violence commis au domicile d'un septuagénaire

Quarante mois de prison pour le viol de son ex-compagne

Il avait avoué avoir violé son ex-compagne durant la nuit, le tribunal correctionnel de Charleroi, le condamne à 40 mois de prison, et un sursis probatoire de cinq ans.
Image
Quatre individus accusés de coups et blessures ont été acquittés.

Quatre individus accusés de coups et blessures ont été acquittés.

C'est un soulagement pour quatre prévenus poursuivis pour coups et blessures ainsi que pour traitement dégradant à l'encontre d'un jeune homme à Marchienne : ils ont été acquittés par le tribunal correctionnel de Charleroi.
Image
De l'huile de moteur sur la chaussée, la ville de Charleroi porte plainte

De l'huile de moteur sur la chaussée, la ville de Charleroi porte plainte

Les faits remontent à la mi-avril, néanmoins la Ville de Charleroi a décidé de porter plainte et de se constituer partie civile suite au déversement d'huile de moteur sur la voie publique à Dampremy.
Image
Après sa fille, il viole ses petites filles, il risque 15 ans de prison

Après sa fille, il viole ses petites filles, il risque 15 ans de prison

Quinze ans de prison, et une mise à disposition du tribunal d'application des peines (TAP) de dix ans, c'est la peine que risque un grand-père accusé de violences sexuelles sur ses deux petites-filles entre 2019 et 2025.
Image
Cinq ans de prison ferme requis pour coups et blessures, harcèlement et viols

Virelles : La ducasse tourne mal, cinq ans de prison

Cinq ans de prison et une déchéance du permis de conduire d'un an, c'est la peine dont a écopé l'individu qui avait foncé avec sa voiture sur deux personnes lors de la ducasse de Virelles, l'an dernier.