Parole à la défense. Me Frank Discepoli a souligné mercredi lors de sa plaidoirie que son client Paolo Falzone, "qui a roulé comme un malade" le matin du carnaval de Strépy-Bracquenies, n'a pas tué "délibérément", "coûte que coûte", le 20 mars 2022.
L'avocat conteste l'intention homicide et souligne que l'accusé n'a pas décidé de foncer dans le cortège carnavalesque.
Me Frank Discepoli a profité du début de sa plaidoirie pour expliquer son choix de défendre Paolo Falzone. Originaire de la région du lieu de l'accident, il aurait même pu se retrouver dans les rangs des défenseurs des parties civiles, du côté de ceux qui ont "croisé la maudite route de celui que je défends aujourd'hui", précise-t-il d'une voix douce. "Le lendemain du drame, j'avais des messages sur mon répondeur, plusieurs de personnes qui me demandent d'intervenir parce qu'elles ont subi un drame. Il y en avait un d'une maman, qui me demandait d'intervenir pour son fils qui avait tué des gens."
Il a décidé de défendre "un gars tout seul, contre qui tout converge", face aux parties civiles "meurtries mais soudées", explique-t-il. "En tant qu'avocat, j'ai des choses à dire qui ne vont pas faire plaisir."
Me Discepoli dit parler à la place de Paolo Falzone qui est "dans l'incapacité physique et psychologique" de se défendre, qui "n'a pas les mots justes". "Des mots il n'en a pas, chaque fois qu'il ouvre la bouche c'est à côté de la plaque", reconnait-il.
Parmi ces mots, l'avocat de l'accusé rappelle que les faits "ne sont pas excusables, pas pardonnables", mais appelle les jurés à ne pas accepter "les certitudes" des avocats des parties civiles et de l'avocat général. Mardi, ceux-ci ont demandé au jury de condamner Paolo Falzone pour six meurtres, un assassinat et 81 tentatives de meurtre.
Me Discepoli plaide que son client n'a pas préparé les faits plusieurs jours auparavant, qu'il n'a pas délibérément décidé de foncer dans le groupe lorsqu'il l'a aperçu alors qu'il roulait à plus de 170 km/h dans la rue des Canadiens, que son client n'est pas revenu sur la foule pour faire d'autres victimes, que l'intention homicide n'est pas démontrée.
On n'est pas dans la configuration d'une personne qui entre dans une discothèque avec une kalachnikov pour commettre un massacre, différencie l'avocat.
En se basant sur un arrêt de la Cour de Cassation, Me Discpoli indique que, pour qu'il y ait crime de meurtre, il faut que l'accusé ait donné la mort dans l'intention de la donner. "Conduire en sachant que vous roulez vite, en sachant que vous pouvez potentiellement tuer quelqu'un, ne veut pas dire qu'il a voulu les tuer délibérément, coûte que coûte."
Au sujet des 81 tentatives de meurtre, l'avocat s'étonne également du manque de distinction entre les victimes, alors que certaines n'étaient pas atteignables par le véhicule de l'accusé. Il signale d'ailleurs que des personnes présentes dans le cortège ne sont pas reprises dans la liste des potentielles victimes. "Est-ce que c'est basé sur des éléments objectifs? Est-ce que Paolo Falzone a voulu tuer tout le monde sauf ces personnes-là?"
Son client "est un criminel", "on est en droit de le détester", il ne s'agit pas "d'un simple accident". Mais il n'est pas coupable de meurtre selon ces éléments, insiste l'avocat.
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