L'accusé était conscient de la conséquence "normale, inévitable" de son comportement lorsqu'il roulait à plus de 170 km/h dans la rue des Canadiensà Strépy-Bracquegnies, a insisté le premier avocat général au début de son réquisitoire mardi.
"Nous sommes en présence de sept meurtres et de dizaines de tentatives de meurtre", a-t-il argumenté.
"Une fusée", "un bruit d'avion", "un missile", "une bombe", "un feu d'artifice", "un bowling humain", "un attentat", "un massacre", "une scène de guerre", "une vraie boucherie". Le premier avocat général, qui représente les intérêts de la société, a entamé son intervention par les mots des victimes et des témoins pour décrire les faits du 20 mars 2022, notamment ces dernières semaines devant la cour d'assises.
"Des mots terribles, quand ils peuvent sortir, pour esquisser l'indicible", commente-t-il. "Est-il possible, en quelques secondes, de détruire autant?"
Le magistrat du ministère public estime qu'un procès ne parvient pas toujours à faire la lumière sur le "pourquoi", mais que "ce ne sera pas le cas pour celui-ci". Il décrit un travail d'instruction "remarquable", avec de nombreuses personnes entendues, un volet technique "très bien argumenté", un dossier "bien ficelé". "On sait tout du parcours des deux accusés. Le plus difficile est de qualifier ces faits, de coller la bonne étiquette judiciaire."
Le parquet général garde la conviction que l'intention homicide est confirmée par le dossier et le procès, que Paolo Falzone voulait donc "tuer volontairement et en connaissance de cause".
D'après le premier avocat général, le comportement de l'accusé avant le drame était déjà révélateur de cette intention. Il a rappelé son goût pour la vitesse excessive, décrit par plusieurs témoins dont ses ex-compagnes. Certains font état de pointes à plus de 200 km/h. "Quand il est au volant de son véhicule BMW, Paolo Falzone monte à des vitesses qu'on est autorisés à atteindre que sur des circuits automobiles", souligne le magistrat. "Sa conduite ultra dangereuse et irresponsable est aussi attestée par des voisins."
L'accusé est également responsable de ses actes, considère le premier avocat général en s'appuyant sur les expertises judiciaires. "Il ne souffre d'aucun trouble mental car il se montre suffisamment réactif pour poursuivre son avancée après l'impact." Il a aussi conscience de la gravité infractionnelle car, lors de son interpellation, il a demandé à un policier de l'abattre. "Paolo Falzone gardait une capacité de contrôle de ses actes."
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