L'expert automobile, Marc Van Lierde, a présenté ses analyses réalisées dans le cadre de l'enquête relative au drame de Strépy-Bracquegnies, jeudi, devant la cour d'assises du Hainaut. Selon lui, la vitesse est la cause de l'accident.
La cour juge Paolo Falzone, accusé de sept meurtres et de 81 tentatives de meurtre. Il était au volant de sa BMW, laquelle a fauché un cortège de cranaval le 20 mars 2022 à Strépy-Bracquegnies. Antonino Falzone, passager de l'auto, est poursuivi pour non-assistance à personne en danger.
Le rapport d'expertise automobile établi le 4 décembre 2023 par l'expert judiciaire s'appuie sur la reconstitution des faits ainsi que sur les données techniques transmises par les autorités allemandes concernant le véhicule BMW impliqué dans l'accident.
L'analyse du module airbag (ACM) révèle que le conducteur, Paolo Falzone, roulait à une vitesse extrêmement élevée avant le choc : entre cinq et deux secondes et demie avant l'impact, le véhicule est passé de 158 km/h à 173 km/h, tandis que la pédale d'accélérateur restait enfoncée à 100 % jusqu'à environ 2,5 secondes avant la collision. Ce n'est qu'ensuite que le véhicule a commencé à ralentir, passant de 173 km/h à 105 km/h au moment du choc.
Ces données ont été comparées à l'analyse d'une vidéo enregistrée sur l'iPhone du conducteur. Celle-ci montre qu'environ 4,5 secondes avant l'impact, le véhicule roulait déjà à 161 km/h et qu'il était possible de distinguer à l'horizon une zone sombre correspondant à la foule présente sur la chaussée. À hauteur du numéro 100 de la rue des Canadiens, un point lumineux correspondant à la chaussure éclairée d'un enfant dans la foule est visible pendant près d'une seconde, alors que le véhicule circule à environ 164 km/h. La vitesse continue ensuite d'augmenter jusqu'à atteindre un maximum de 174 km/h avant le début du freinage.
Selon l'expert, un conducteur normalement attentif aurait pu percevoir la présence de la foule environ 190 mètres avant le point de choc. Les analyses indiquent que la réaction du conducteur s'est produite à une distance d'environ 176 mètres de l'impact. Toutefois, le freinage d'urgence n'aurait réellement débuté qu'environ 1,19 seconde avant la collision, alors que la réaction initiale au freinage aurait commencé 2,58 secondes avant le heurt. L'expert estime que la vitesse excessive constitue la cause principale de l'accident.
Au moment de l'impact, la BMW circulait encore à 105 km/h. L'expert conclut que si un freinage d'urgence avait été entrepris immédiatement, sans phase préalable de simple ralentissement, la vitesse résiduelle aurait pu être réduite à environ 34 km/h, ce qui aurait fortement limité les conséquences de l'accident. Il souligne également qu'avec une réaction immédiate et une distance disponible de 105,96 mètres, le véhicule aurait même pu s'immobiliser complètement avant d'atteindre les piétons, malgré une vitesse initiale de 170 km/h.
Enfin, l'expert a roulé à 140 km/h sur la rue des Canadiens et avoue qu'il ne se sentait pas à l'aise. Paolo Falzone roulait au même endroit à plus de 170 km/h, en filmant le compteur kilométrique de l'auto avec son téléphone. Il tenait son volant de la main gauche.
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