Ce jeudi 13 février a été une journée de manifestation. Les syndicats ont appelé à une mobilisation massive contre les réformes du nouveau gouvernement. Un mouvement relativement bien suivi.
À Charleroi, dès l’aube, les manifestants se sont rassemblés devant le gare avant de partir pour Bruxelles. Devant l’entrée, des centaines de manifestants. Toutes les couleurs syndicales sont représentées. Rouges, bleus et verts représentent les travailleurs de tous secteurs, unis pour dénoncer des mesures qu’ils jugent injustes.
Dans quelques minutes, ils prendront le train direction Bruxelles. Mais avant le départ, ils veulent se faire entendre.
« C’est surtout pour l’avenir: les pensions, les salaires, l’indexation...tout ça nous inquiète », confie Joachim.
Parmi eux, Maurizio, il travaille dans l’aéronautique. Après 43 ans de carrière, il estime que les nouvelles mesures du gouvernement ont du plomb dans l’aile.
« J’arrive ici en fin de carrière donc je dois prendre ma pension, mais avec les nouvelles mesures de gouvernement, je risque de perdre 10% du revenu de ma pension. Elle n’est déjà pas élevée, mais si on me retire 10%, je crois que je vais aller au CPAS ».
Dans le secteur de la sécurité, la colère monte, les visages ne trompent pas. Rosetta fait partie du service de gardiennage de l’aéroport de Charleroi. Pour elle, le gouffre entre les classes sociales va continuer à s’élargir. « Les classes moyennes sont déjà en disparition donc qu’est-ce qu’on va encore nous enlever ? », se demande-t-elle.
Pour les syndicats, ces réformes mettent en péril des milliers de travailleurs. La limitation des allocations de chômage à deux ans, la réforme des pensions…autant de sujets qui inquiètent.
« Toutes les couches de la population sont touchées. Les gens ne se rendent pas, mais ils utilisent énormément au quotidien les services publics. Si, demain, il n’y a plus le service public tel qu’on le connait, ce sera payant et beaucoup seront exclus », prévient Philippe Barbion, le secrétaire régional de la CGSP ADMI.
« Nous avons décidé en front commun que le 31 mars ce serait grève générale, annonce Fabrice Eeklaer, le secrétaire fédéral de la CSC Charleroi Sambre et Meuse. Il faut faire savoir à nos gouvernements qu’il va falloir tenir compte de l’avis de la population, des travailleurs, des travailleuses pour entrer dans de véritables négociations avec nous ».
À 09h35, heure de départ, la journée ne faisait que commencer pour tous ces manifestants.
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