Près de 70 ans après la catastrophe du Bois du Cazier, deux nouvelles victimes ont pu être identifiées. Un travail d’enquête et d’analyses ADN mené depuis plusieurs années, qui permet aujourd’hui de redonner un nom à ces mineurs restés inconnus jusqu’ici.
Les mineurs Pietro Basso et Secondo Petronio viennent d’être officiellement identifiés. Jusqu’à présent, ils faisaient partie des 14 personnes sans identité qui reposaient dans la pelouse d’honneur du cimetière de Marcinelle.
« 70 ans après, c’est la science qui a parlé, explique la directrice du Bois du Cazier, Colette Ista. L’ADN, les anthropologues, les odontologues et le médecin légiste : toutes ces disciplines réunies ont permis d’aboutir à l’identification de nos deux mineurs inconnus depuis 1956. »
C’est un travail de longue haleine entrepris en 2019 sous l’impulsion de Michele Cicora. Un processus de recherche des familles a alors été lancé et, en 2022, une première victime a pu être identifiée. « C’est un magnifique résultat : nous en sommes aujourd’hui à six mineurs que nous avons pu identifier », se réjouit-elle.
Le journaliste Marcel Leroy, dont le dernier ouvrage, Personne ne devrait mourir inconnu, est paru il y a quelques mois, retrace la longue enquête menée pour identifier les mineurs victimes de la catastrophe. « Il faut aujourd’hui, pour éclairer le présent, rappeler qui ils ont été. Ces deux identifications confirment à quel point c’est important, rappelle Marcel Leroy, auteur du livre Personne ne devrait mourir inconnu. Cela touche les mémoires, cela résonne au plus profond d’entre nous, au moment même où, en Chine, on tente de retrouver des mineurs ensevelis, comme ici à Marcinelle en 1956. »
Pour les familles concernées, même si le défunt n’avait jamais été oublié, il retrouve aujourd’hui une place, et surtout un nom.
Un travail qui n’aurait pas été possible sans l’accord des familles pour fournir un échantillon ADN, mais aussi grâce au travail des experts scientifiques, du DVI et de l’Institut national de criminalistique et de criminologie.
Deux mineurs restent encore à identifier : un Italien et un Grec. Si les recherches aboutissent aussi positivement que les précédentes, les résultats devraient être connus dans les prochaines semaines.
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