Le site de Claire-Fontaine est en bonne voie d’être repris par la commune de Chapelle-lez-Herlaimont avec l’aval de la Région wallonne. Une situation qui a le don d’énerver le seul repreneur privé qui se soit manifesté.
« Le dossier du domaine touristique de Claire-Fontaine atteint aujourd’hui un point critique, marqué par des décisions administratives difficilement conciliables et des interrogations croissantes sur la cohérence de l’action publique. »
C’est ainsi que débute le communiqué de presse envoyé par la société Bookampers, qui était candidate à la reprise du site de Claire-Fontaine à Chapelle-lez-Herlaimont.
Pour rappel, c’est en décembre de l’année dernière que l’ASBL « Voies d’eau du Hainaut », une ASBL provinciale, dépose le bilan et annonce la cessation de ses activités sur le domaine. Se pose alors naturellement la question de savoir qui va gérer le site, mais aussi celle de l’avenir des campeurs qui y sont installés.
Un an pour trouver une solution pérenne
En effet, le site, propriété de Tourisme Wallonie et du SPW Mobilité et Infrastructures, était exploité par l’ASBL « Voies d’eau du Hainaut » via une convention entre les deux parties. Conformément à cette convention, l’ASBL reste gestionnaire jusqu’au 15 décembre 2026, soit un an après la date de résiliation.
Depuis, les négociations vont bon train, mais apparemment surtout entre la Région wallonne et le bourgmestre de Chapelle-lez-Herlaimont. Si la Ville s’est d’abord déclarée incapable de reprendre financièrement le site, lors du conseil communal de mars, le bourgmestre et son collège ont proposé au conseil communal de marquer son accord de principe quant à la reprise du domaine par la commune (moyennant certaines conditions) et d’approuver le projet de bail emphytéotique.
La commune de Chapelle-lez-Herlaimont ayant en effet été sollicitée par la Région comme « repreneur idéal / à privilégier compte tenu de l’intérêt public, afin d’assurer une gestion durable et cohérente du site ».
Tourisme Wallonie souhaitait néanmoins obtenir une position claire de la commune. Cette dernière a donc proposé un bail emphytéotique afin de disposer d’un droit réel sur les infrastructures et de pouvoir bénéficier de subsides. D’autre part, la commune demande un sursis de trois mois supplémentaires pour les campeurs.
Une décision qui ne plaît pas à tout le monde
Depuis le mois de mai 2025, un repreneur privé s’était par ailleurs fait connaître et avait montré tout son intérêt dans la reprise du site. Aujourd’hui, la société Bookamper — puisque c’est d’elle qu’il s’agit — se dit foulée, parce que « d’une part, une orientation a été donnée en faveur d’un accord public-public avec la commune de Chapelle-lez-Herlaimont, enclenchant une logique de négociation directe avec un opérateur identifié ».
D’autre part, la société affirme qu’une convention de location d’emplacement a été signée avec de nouveaux usagers du site, ce qui laisse sous-entendre une réouverture prochaine du site. Or, dans le même temps, les campeurs actuels du site seraient tenus dans une forme d’incertitude quant à cette ouverture.
Mais ce qui ennuie surtout l’opérateur privé, c’est « une interrogation sur l’égalité de traitement entre opérateurs ».
Toutefois, si actuellement, si un travail conjoint est mené avec la commune de Chapelle-lez-Herlaimont, Tourisme Wallonie ne ferme pas pour autant la porte, puisqu’elle affirme que si cette piste ne peut aboutir, elle lancera un appel à manifestation d’intérêt afin d’identifier un repreneur pour l’ensemble du site.
Pour BooKamper.com SAS, la situation est claire : « Quand l’administration signe des conventions avec des usagers, elle reconnaît une situation d’exploitation. Et quand elle engage une négociation avec un opérateur, elle crée un cadre qui doit être ouvert. On ne peut pas, dans le même temps, créer des attentes concrètes et maintenir une incertitude globale. » La société française ne comprend donc pas pourquoi elle n’a pas été entendu également.
Une obligation de clarification immédiate
Toujours selon Bookamper, la situation actuelle appelle désormais une réponse claire du Gouvernement wallon, sous l’autorité de Monsieur le Ministre-Président Adrien Dolimont et la responsabilité de Madame la Ministre du Tourisme Valérie Lescrenier.
« Il ne s’agit plus simplement d’un choix politique, mais d’une question de crédibilité de l’action publique. Soit les engagements pris sont assumés, soit ils sont clarifiés. Mais l’ambiguïté actuelle n’est plus tenable », affirment-ils.
La société avait déjà menacé, au début de ce mois, de porter l’affaire devant la justice pour préjudice moral et financier. Elle considère aujourd’hui que c’est la confiance dans les procédures publiques qui est en jeu.
Elle lance donc un appel clair à Tourisme Wallonie et au gouvernement régional pour :
• clarifier immédiatement les orientations du dossier ;
• garantir l’égalité de traitement entre opérateurs et poursuivre le modèle de la procédure négociée avec les autres candidats déclarés, compte tenu du précédent communal (d’incapacité financière) ;
• assurer la cohérence entre actes administratifs et communications ;
• et sécuriser l’ouverture rapide du site dans un cadre transparent.
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