Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées à Charleroi, à l’initiative de deux associations, afin de dénoncer le manque de moyens accordés aux structures d’intégration qui accompagnent les personnes étrangères.
« Apprendre, comprendre et s’intégrer : les associations rendent cela possible, mais encore faut-il leur en donner les moyens. » Ainsi commence le tract distribué hier par plusieurs dizaines de personnes présentes au rassemblement organisé par le Mouvement ouvrier chrétien (MOC), ses associations constitutives et le centre régional d'intégration (CRIC).
Dans leur tract, les associations s’adressent directement aux gouvernements wallon et fédéral, qui demandent aux personnes étrangères de s’intégrer via des tests de langue obligatoires, un parcours imposé, des conditionnalités et des sanctions en cas de non-respect. Les exigences sont donc bien réelles et contraignantes…
D’un autre côté, les associations de soutien déplorent que les outils permettant à ces personnes de s’intégrer soient supprimés les uns après les autres. « C’est comme imposer un permis de conduire à tout le monde… tout en fermant les auto-écoles. »
Il est clair que l’on ne peut pas exiger de quelqu’un qu’il apprenne le français si l’on ferme les cours de français. De même, on ne peut pas demander à une personne étrangère de comprendre les droits et obligations du pays qui l’accueille si elle n’a nulle part où s’informer. Et il sera difficile de proposer une intégration réussie si les associations chargées de cette mission disparaissent.
Le MOC exige donc des solutions :
- garantir des mesures transitoires pour éviter les ruptures de service ;
- maintenir des services de proximité sur tous les territoires, sans déserts d’intégration ;
- préserver les emplois et les compétences accumulées depuis des années ;
- adapter l’offre aux besoins réels, et non à des contraintes budgétaires arbitraires ;
- assurer la cohérence des politiques publiques : on ne peut pas renforcer les obligations d’intégration d’un côté et supprimer les outils qui permettent de les remplir de l’autre.
Si les associations tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme, c’est parce qu’elles sont déjà menacées et que des dizaines d’emplois sont perdus. Les associations d’aide aux personnes étrangères passent ainsi de 200 à 136 en Wallonie.
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