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Scandale dans les maisons de repos Orpea : Notre région est-elle concernée ?

Le groupe privé français Orpea est au centre d’une polémique en France. Il est accusé d’avoir mis en place, au sein de ses maisons de repos, un système où les soins d’hygiène, la prise en charge médicale et les repas des résidents sont rationnés pour améliorer la rentabilité de l’entreprise. Mais le groupe est également présent en Belgique avec 80 structures dont 2 dans la région de Charleroi. Et beaucoup s’inquiètent que la situation soit similaire dans notre pays. 

Orpea et ses maisons de repos sont au centre d’un scandale : le groupe est accusé de maltraitance envers les résidents. Le scandale a éclaté en France, mais touche aussi la Belgique, puisque le groupe y est aussi présent notamment dans notre région avec Les Amarantes à Loverval, et la résidence L’Adret à Gosselies, des maisons de repos qui ne fonctionnent apparemment pas comme en France.

« Il faut savoir que la différence entre la Belgique et la France est majeure. Nous faisons partie du même groupe, mais notre façon de fonctionner est propre à la Belgique. En tout cas, chez nous, si un résident veut 5 tartines, il aura 5 tartines. Nous voulons que nos résidents soient bien et en bonne santé », Ludovic Gretter, directeur de la Résidence l'Adret (Orpea).

« Cette polémique est difficile à vivre. Nous sommes dévouées pour nos résidents, et pourtant, avec tout ce qu’on lit en ce moment, on a l’impression de faire partie de ce terrible système, comme en France. Mais on ne cautionne absolument pas ce qu’il se passe là-bas », un membre du personnel de la Résidence l'Adret (Orpea).

 

Une enquête en Wallonie 

Face aux faits révélés en France, la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale, a décidé de lancer une enquête. Il y a donc des inspections inopinées dans différentes maisons de repos wallonnes du groupe.

« On dit qu’on mesure le degré d’une société, ou son développement, à la manière dont elle traite les plus fragiles… Ici, c’est en l’occurrence le contre-exemple même d’une société développée. On a voulu vérifier que la situation en Belgique n’est pas similaire à celle de la France, en tout cas prendre toutes les mesures nécessaires. J’ai donc demandé un rapport complet à l’administration, à l’AViQ, et une enquête approfondie, pour vérifier auprès des résidents, du personnel et de la direction que les choses se passent bien ou pas », explique Christie Morreale (PS), ministre wallonne de la Santé. « S’il y a suspicion de maltraitance, je prendrai des mesures. Il y a beaucoup de personnes qui se retrouvent en maison de repos en fin de vie. Les choses se passent très bien pour certains, et pour les cas de maltraitance, je pense qu’il faut systématiquement les dénoncer, et s’assurer sur le terrain que les moyens publics injectés servent bien à prendre soin des personnes âgées. »

Dans le cadre de cette enquête, la Résidence l’Adret faisait d’ailleurs l’objet d’une inspection pas plus tard que ce matin. 

« Ils sont notamment allés interroger les résidents. Apparemment, ils ont expliqué qu’ils étaient bien pris en charge. Mais des choses vont probablement ressortir dans le rapport, comme à chaque inspection, car nous ne sommes jamais à l’abri d’une erreur ou d’un manquement, nous travaillons avec des êtres humains. Mais ce n’est pas un souci structurel », Ludovic Gretter, directeur de la Résidence l'Adret (Orpea).

L’objectif est d’être intransigeant à l’égard des personnes qui s’occupent des plus fragiles, des ainés. 

 

Les syndicats dénoncent le manque de personnel 

L’enquête avance au sein du groupe Orpea, qui n’est apparemment pas le seul groupe à problèmes. Selon les syndicats, la problématique est bien plus globale.

« Aujourd’hui, dans toutes les maisons de repos, déjà avant la crise sanitaire, il y a un problème de personnel. Pour la rentabilité, on ne remplace pas le personnel absent ou malade. La problématique existe, la pression sur les travailleurs est énorme et du coup la pression sur les résidents est également forte. La solution serait d’empêcher des investisseurs d’entrer dans le secteur. C’est un secteur de soin, et non un secteur lucratif », affirme Carl Yernaux, secrétaire permanent CNE Hainaut

Quoi qu’il en soit, si la situation en Wallonie se révèle être similaire à celle de la France, Christie Morreale interviendra et fermera, s’il le faut, des maisons de repos. Suite à l’enquête, la ministre devrait recevoir un rapport d’ici la semaine prochaine


Apolline Putman

 

 


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