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UPDATE : Ham-sur-Heure-Nalinnes : Tingremont, Fontenelle, Le Laury, les sentiers de la discorde (vidéo)

Branle-bas de combat à Ham-sur-Heure-Nalinnes pour le collectif citoyen Maill'heure qui se bat pour la réhabilitation et la valorisation des sentiers. Trois sentiers font polémique dans l'entité parce que les agriculteurs ou les propriétaires sont de plus en plus nombreux à en interdire l'accès. Yves Binon, le bourgmestre, rappelle qu'il ne faut pas confondre sentier vicinal et servitude publique. 

Le collectif Maill’heure, ce sont 5 chevilles ouvrières, soutenues par de nombreux membres, qui comme Pauline Cheruy, luttent pour un meilleur environnement dans leur commune.   

« Maill'heure est un collectif citoyen qui s’est fixé pour objectif la valorisation et la préservation des sentiers. En 2014, un décret a été publié visant notamment la révision de l’Atlas vicinal, aujourd’hui chaque commune est tenue d’actualiser ses données. Nous voudrions sauver ce qui peut encore l’être. »

Un petit détour par le site internet du collectif citoyen, vous apprendra aussi qu’il ne se limite pas à défendre les sentiers, leur projet est bien plus complet que cela, mais il s'appuie sur la révision de l'Atlas vicinal.


Pour le bourgmestre Yves Binon, la mobilité douce est dans l'ère du temps mais il n'a pas attendu d'en arriver là pour s'occuper des sentiers de l'entité. 

« On n’a plus besoin de démontrer notre attachement aux sentiers à Ham-sur-Heure. Depuis que nous sommes au collège communal avec Philippe Marlaire à l’époque, l’échevin des sports, nous avons vraiment réhabilité énormément de sentiers et de chemins de campagne. Aujourd’hui, à l’ère de la mobilité douce certains estiment que l’on n’en n’a pas fait assez, pourtant on peut faire la liste et il y en a beaucoup. »

Pierre Minet, l'échevin de la mobilité, rappelle quant à lui que l'Atlas des sentiers n'est pas la panacée

« Beaucoup se réfèrent à l’Atlas des chemins, mais quelques chemins ne sont plus utilisés. Pour d’autres, des maisons ont été construites sur leur tracé parce que c’était moins facile d'avoir accès au plan de secteur. Aujourd’hui tout est accessible sur internet. »

De plus, si l'on en croit le Bourgmestre, la commune n'a pas les moyens de prendre en charge la révision de l'Atlas des sentiers vicinaux

« La Wallonie a dit, il faudra refaire l’Atlas mais n’a pas dit, les communes devront le faire sur leurs deniers. »

Les sentiers de Tingremont 

Pour sauvegarder certains sentiers, le collectif Maill'heure a déposé un projet de modification des chemins communaux, il concerne les sentiers de Tingremont. Il fait actuellement l'objet d'une enquête publique

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A y regarder de plus près sur une carte de Nalinnes-centre, il est facile de constater que le village s’est fortement développé autour de trois quartiers : les Monts, le Grand Douze-Bois et Tingremont.

Or, dans ces quartiers, il existe des sentiers vicinaux dont la réhabilitation serait très utile en termes de mobilité ainsi qu'une liaison avec d’autres chemins et sentiers existants permettant les déplacements vers les villages voisins.. 

« Ces sentiers ont tous été utilisés dans les 30 dernières années, nous avons les attestations d’usage. Mais l’avantage de ces sentiers c’est surtout qu’ils permettent de relier 4 quartiers de Nalinnes centre. Il y a un projet de mobilité pour Gerpinnes et Ham-sur-Heure-Nalinnes et dans le cadre de ce projet-là, nous sommes soutenus par le bureau d’études Agora, parce qu’il est clair que ces sentiers présentent une alternative à la mobilité douce et sécurisée. »

L'échevin de la mobilité Pierre Minet qui ne peut pas vraiment s'exprimer sur le projet précise quand même. 

« Moi je suis très prudent, mais le projet a du sens, d’aller relier notamment la rue de la Praile et la rue de Gourdinne. Sachant aussi que dans ce projet, on longe principalement des ruisseaux. Maintenant comment ça va aboutir, ce n'est pas moi qui vais vous le dire. »

Le Hic ! parce qu’il y en a forcément un selon le collectif Maill'heure, c’est un tronçon du sentier N°97. Le propriétaire a construit sa maison sur un des tracés et en a fermé l'accès. Le collectif a tenté une médiation qui a échoué.  

« Nous aimerions juste que l’on puisse réhabiliter le sentier en le déplaçant le long du ruisseau qui jouxte la propriété. L’idée aussi pour Tingremont, comme le chemin passe à côté de chez un agriculteur dont le fils passe en bio, c’était d’aménager le sentier et de valoriser le travail des agriculteurs, en sensibilisant les promeneurs à l’entrée du sentier, mais la discussion n’a pas été possible. » 

Pourtant, l'agriculteur, Jean Marlier a pris contact avec nous.  Il n'a pas souhaité répondre à nos questions mais nous a renvoyé au message qu'il a posté sur les réseaux sociaux : Le mot de l’agricult’heure”. 

"Cela fait maintenant 20 ans que je cultive les champs dans le centre de Nalinnes. Depuis quelques années, et ce n’est pas courant du tout, j’ai passé toutes ces parcelles en culture bio. En 2018, j’ai cultivé du soja bio sur toute la surface, une première en Wallonie. (...) Dans le même état d’esprit, mes parents agriculteurs avant moi, ayant pris une retraite bien méritée, ont construit une maison bio sourcée et passive au bord de ces parcelles. (...) Depuis quelque temps, nous subissons des pressions immenses, pour créer des sentiers dans ces parcelles."

Jean Marlier, reconnait ensuite l'existence de ces sentiers mais bien avant que ses parents et lui ne s'y installent. Depuis bien longtemps aussi et  "contrairement aux informations véhiculées", ils ne seraient plus utilisés

Il estime que le collectif Maill'heure donne des informations imprécises et erronées, que les plans sont des faux ainsi que les témoignages recueillis.

"Les anciens tracés de ces sentiers passent tous par des lotissements. A l’époque, on ne s’est pas soucié de lotir sur ces sentiers puisqu’ils n’existaient plus." 

Enfin, il ne voit pas pourquoi le collectif demande une modification des chemins communaux pour en créer de nouveaux "de manière arbitraire et de force" sur des parcelles privées. 

Il plaide aussi la cause des agriculteurs dont certains travaillent sur le "petit Douze Bois".

"Si le cadre est bucolique, c’est grâce à ces derniers qui méritent du respect et de la gratitude, ils connaissent le terrain mieux que quiconque. Dans ces conditions, faire croire que l’agriculteur que je suis ne respecte pas le droit est calomnieux et dangereux." conclut-il.

La famille de Jean Marlier, ne souhaite débattre ni via notre média, ni via les réseaux sociaux, mais veut informer les habitants d'Ham-Sur-Heure-Nalinnes dans le cadre de l'enquête publique en cours. 

Les autorités vont donc probablement devoir trancher, mais c'est bien à l'amiable que le bourgmestre Yves Binon voudrait trouver la solution. 

« Selon le propriétaire et selon certaines personnes, les sentiers n’existent plus depuis bien longtemps. Le collectif Maill’heure estime lui qu’ils existaient toujours, c’est à charge des uns et des autres de prouver ce qu’ils avancent. Nous avons une demande, nous devons la traiter, on ne peut pas dire si on est d’accord ou pas. je ne demande qu’une chose c’est que tout le monde se mette autour de la table. »

L’enquête publique sur la demande de modification des sentiers s’achève dans quelques jours, le 25 mai. 

Le sentier du Laury

Ce sentier a déjà fait beaucoup parler de lui. Et la commune a tranché.

Mais l’histoire de ce sentier ne s’arrêtera peut-être pas là puisque le collectif Maill’heure va en recours appuyé par itinéraire wallonie, les amis de la vallée du Laury ainsi que les chemins de grande randonnée. 

Affaire à suivre… 

Le quartier de Fontenelle et du Bois Jacques 

 

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Ce sentier, lui, n’est pas répertorié à l’Atlas, mais depuis des années l’ancien propriétaire en avait autorisé l’accès pour les marcheurs. 

Il s’agit d’un chaînon qui permet de relier le quartier de Fontenelle et de rejoindre le Bois Jacques. Ces éléments manquants sont essentiels, ils sont aussi le fil conducteur de l’actualisation de l’Atlas vicinal. 

«L’ancien propriétaire en avait autorisé l’accès et depuis il a toujours été utilisé. Ce sentier permet au départ du Bois Jacques d’aller vers Cour-sur-heure et Ham-sur-heure. Du jour au lendemain, l'exploitant actuel a mis des barbelés. Et cela arrive de plus en plus, surtout depuis que l’on parle d’actualiser l’Atlas vicinal. Ce sont des servitudes de passage public qui ne plaisent pas à tout le monde. Après, ce monsieur s’est retrouvé avec des VTTistes sur ses cultures, cela ne doit pas arriver et c’est à la commune alors de prendre le relais et d’aménager les sentiers. »

Mobilité douce contre agriculture

C'est un bras de fer qui est donc visiblement en train de s'engager entre les agriculteurs, les propriétaires des terrains et les citoyens soucieux de favoriser la mobilité douce.

Et ce sera à la commune et à son bourgmestre, Yves Binon de trancher sur base des relevés légaux. 

"Il y a une différence entre une servitude et un sentier public. Ces sentiers sont toujours source de conflit parce que les intérêts des uns et des autres se confrontent. Il faut trouver le moyen d’agir dans l’intérêt général."

Suite à l’enquête publique initiée dans le cadre de la demande de modification de la voirie communale par le collectif Maill’heure, les agriculteurs se sont fédérés, ils ont même manifesté leur mécontentement au collège communal, en tracteur. Histoire de faire du bruit. 

Le collectif nie vouloir empiéter sur leurs terrains. La plupart des sentiers sont sur des terrains communaux clame-t-il encore, à quelques exceptions près. Et il ne réclame rien d'autre que ce que réclame le premier citoyen de la commune. 

« Privilégier l’intérêt général plutôt que celui d’un particulier, au travers d'un projet équilibré. » 

 

 


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