Au Bois du Cazier, une expérience inédite propose au public de descendre dans la mine comme en 1956. Casque sur la tête, visiteurs et jeunes curieux découvrent le quotidien des mineurs… et la mémoire de la catastrophe du 8 août.
Léa a les yeux rivés sur un autre monde, casque de réalité virtuelle vissé sur la tête. En un instant, elle se retrouve sous terre, à Marcinelle, en 1956. « Je suis sortie des cabines et j’ai traversé un long couloir. Je dois déjà me mettre au travail. Là, je tente de casser un mur avec une pioche pour avancer », raconte-t-elle.
Autour d’elle, des collègues mineurs virtuels. Avec eux, elle échange des anecdotes, des histoires de cartes, les petites galères de la vie quotidienne. Une immersion totale où ne manquent que la chaleur et l’odeur de la mine.
Pour Émilie Divoy, assistante sur ce projet, l’objectif est clair : « C’est l’occasion de toucher un public plus jeune que celui qui fréquente habituellement les lieux. En utilisant un support moderne comme le jeu vidéo, on pérennise la transmission de la mémoire minière. Et cela permet aussi d’aborder les thèmes liés à la catastrophe du 8 août 1956 : l’immigration, les conditions de travail et cette société multiculturelle qui s’est dessinée ensuite. »
Frédéric Monnom, journaliste gaming et petit-fils de mineur, y voit un double intérêt : « C’est un excellent moyen d’attirer les ados vers l’Histoire avec un grand H. Et personnellement, ça m’a permis de me mettre dans la peau de mon grand-père. C’était très touchant. »
« Jouer avec le passé pour ne jamais l’oublier », ce projet européen Mementoes réunit trois musées : le Gulag.cz de Prague, le War Childhood Museum de Sarajevo et le Bois du Cazier à Marcinelle. Tous utilisent les technologies immersives pour transmettre la mémoire des lieux marqués par l’Histoire.
Depuis ce 1er octobre, l’expérience est ouverte au public au Bois du Cazier, invitant chacun à plonger sous terre et dans la mémoire collective.
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