Pour la Saint-Valentin, les forgerons du Bois du Cazier ont façonné de petits cœurs. Un art ancestral où patience et précision font battre le métal… et les cœurs.
Dans l’atelier du Bois du Cazier, le métal chauffe jusqu’à rougir. Quelques coups précis plus tard, une barre d’acier commence à s’arrondir. Pour la Saint-Valentin, les forgerons bénévoles ont transformé leurs démonstrations habituelles en véritables créations romantiques. « On fait des cœurs en fer forgé de diverses façons, avec des clous, des barres à béton, des barres rondes… Il y a plein de méthodes, mais on peut voir ici une méthode avec les clous », explique Nicolas Rodriguez, forgeron bénévole.
Son collègue Roland Pawlofski ajoute : « Ici, j’utilise la soudure au feu. Les deux bouts sont fusionnés pour que ça ne se sépare pas. Ensuite, on forme la forme du cœur en chauffant et en forgeant. »
Un savoir-faire qui se partage
Pour ces passionnés, la Saint-Valentin n’est qu’un prétexte de plus pour travailler le métal. Hier pour fabriquer des outils agricoles ou des armes, aujourd’hui pour le plaisir des yeux et pour entretenir la flamme de cet art ancestral. « Il faut aimer le feu, le fer, le savoir-faire et l’artisanat. On dit toujours : c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Il faut essayer, comprendre théoriquement ce qui se passe quand on frappe avec un marteau, et surtout pratiquer. Beaucoup de patience est nécessaire », souligne Nicolas Rodriguez.
Roland Pavlosky insiste sur l’unicité de chaque création : « Déjà par la création. C’est la main de l’homme qui forge l’objet, c’est unique. Et puis, chaque personne a sa propre façon de faire : certains aiment la symétrie, d’autres la régularité dans les formes. »
Comme dans une relation, le métal demande justesse et attention. « Ça demande beaucoup d’ingrédients et de savoir-faire pour que l’objet soit beau et durable. Un peu comme les relations », conclut Nicolas Rodriguez. Chaque flamme, chaque coup de marteau, donne ainsi naissance à une pièce unique, à l’image de l’amour lui-même : travaillée, renforcée et polie au fil du temps.
Sur le même sujet
Recommandations
Novê Salm : une expo au croisement de l'art brut et de l'art contemporain au BPS22
Trésors du patrimoine mondial en Wallonie : un ouvrage d’exception pour les fêtes
"L’art à l’école" d'Ekla : une semaine de création partagée à Charleroi
Nalinnes : le 5ème marché d'artisans-créateurs a fait découvrir de nombreuses techniques ce week-end