Rires et larmes au Théâtre du Collège Pie 10 de Châtelineau

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L’école a mis en scène sa 45ème édition du « Festival des élèves d’arts d’expression ». Un véritable travail d'illustration de l'implication de ces comédiens et comédiennes en herbe.

Cet évènement, devenu une véritable tradition pour le collège, est une fin en soi pour de nombreux élèves et professeurs. Mais monter sur les planches ne s’improvise pas. Après plusieurs mois de répétitions, cet ensemble de représentations est un aboutissement, le clou du spectacle en quelque sorte.

« En tant que professeur », développe Donat Parsy, enseignant dans l’option Arts d’expression. « Nous sélectionnons un texte puis nous le faisons découvrir aux jeunes. Comme ils sont généralement plus nombreux que les comédiens prévus à l’origine, nous procédons à une redistribution du texte et des rôles. Nous devons également leur apprendre le contexte de l’oeuvre. Ensuite, à partir de la 5ème et de la 6ème année, nous poussons les élèves à travailler en sous-groupes pour qu’ils imaginent d’eux-mêmes des propositions de mise en scène, que nous incorporons en liant l’ensemble dans un un tout cohérent ».

 

Un cheminement exigeant et chronophage

Comme dans toute bonne oeuvre théâtrale, les protagonistes ont dû surmonter les obstacles jusqu’au point d’orgue : ces trois jours de représentations.

« Se préparer pour ce festival est un long processus qui a demandé beaucoup d’heures de travail. Parfois, il a fallu que tout le monde se rende à des répétitions le week-end. Pour les professeurs et surtout pour les élèves, cela peut devenir éprouvant et douloureux », Donat Parsy. « Certains ont pu être assaillis par des doutes voire ont pu remettre en question leurs choix d’option. Nombre d’entre eux m’ont rapporté qu’il leur était difficile de jouer une pièce mêlant humour noir et drame comme « Migraaaants » de Matéi Visniec. Je pense que l’angoisse et la morosité ambiante générée par l’actualité n’aident pas. Nombreux sont les jeunes qui auraient préféré jouer une comédie ».

 

Un choix de genre, difficile à assimiler

« J’ai toujours eu des rôles dans des pièces comiques », concède Zakaria Alexandre, élève dans l’option Arts d’expression. « C’était ma première expérience avec une oeuvre traitant d’un sujet aussi sérieux que la migration. J’ai douté de ma capacité à bien gérer la pression de l’ambiance, à bien jouer mon personnage,… Ensuite, cela m’est venu naturellement au fur et à mesure que j’en apprenais plus et que l’on répétait ».

Incarner un personnage n’est pas une mince affaire. Il faut parvenir à comprendre les personnages, s’approprier leurs perceptions du monde et leurs sentiments, parfois très différents des nôtres.

« Me fondre dans la peau du personnage a été le plus difficile », reconnait Charlotte Decot, élève dans l’option Arts d’expression. « Avec les costumes et les répétitions, on trouve heureusement nos marques. Comme je joue une femme des Balkans qui, avec son mari, vit l’arrivée de migrants sur sa terre natale sans jamais en avoir vus par le passé, ce sont les évolutions de nos réactions qui composent le message des scènes où nous apparaissons ».

 

3 pièces, 3 ambiances et une belle reconnaissance

Une bonne préparation leur a cependant permis d’appréhender leurs trois premières représentations avec assurance. Elèves et professeurs sont fiers du travail réalisé.

« Les retours du public ont été très positifs », assure Donat Parsy. « Je pense que les élèves qui doutaient se sont aperçus que cela « valait la peine de s’être fait violence ». Je pense que c’est une très belle reconnaissance de leur travail ».

« Nous sommes très fiers de partager au public notre travail », confie Charlotte Decot. « D’autant plus que le sujet n’est pas facile et qu’il est très touchant ».

Outre la pièce « Migraaaants », un drame contemporain teinté d’un humour grinçant qui dénonce l’hypocrisie perçue par Visniec de nos politiques, deux autres représentations ont également eu lieu : « Antigone », une tragédie classique qui exalte la magnificence du sacrifice résistant, jouée par les élèves de 3ème et 4ème année, ainsi que « 45 ça va », une compilation de saynètes humoristiques et satiriques analysant la formule « ça va ? » sous ses différents prismes, jouée par ceux de 2ème année.

 

Valentin Bombled


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