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Crise sanitaire : Faut-il choisir entre économie et santé ?

Faut-il choisir entre économie et santé ? c'est l'intitulé de la prochaine conférence que vous propose l'Université de Mons à Charleroi.  Une conférence virtuelle pandémie oblige ! Nous savons que celle-ci a et aura un impact sur tous les secteurs de l'économie c’est un fait, mais aussi sur celui des soins de santé. Les conséquences seront lourdes pour notre pays, et le monde. À l’heure des premières mesures de déconfinement, L’UMons tente un début de réponse, avec deux de ses professeurs émérites.

L'UMons nous a habitué à ces conférences mensuelles sur des thèmes divers et variés, toujours en lien avec l'actualité. Cette fois, la conférence se fera virtuelle et sera plongée dans l'actualité brûlante avec cette question : Faut-il choisir l'économie ou la santé ? Sans opposer l'un et l'autre les deux intervenants Giuseppe Pagano, économiste, professeur à l’UMONS et Jean Ducobu, médecin et professeur à l’UMONS, tenteront surtout de répondre aux questions que vous vous posez.  En effet, la conférence sera interactive, ils attendent d'ailleurs vos questions. 

Une crise économique comparable à celle de 1929

Nous nous sommes penchés sur le volet économique de cette conférence.  Giuseppe Pagano, sans vouloir nous effrayer, nous assure que la crise qui nous attend, sera retentissante.  Une crise comme notre monde n'en n'a plus connu depuis 1929.

"Je pense qu’on comprend bien les effets sanitaires de la crise, mais à côté de ça, la situation économique est tout aussi dramatique. On est dans une situation de crise économique d’une ampleur exceptionnelle que nous n'avons plus vécue depuis 1929. Mais il y a deux différences.  D’abord le niveau moyen de richesse est beaucoup plus élevé et l’épargne de tout un chacun permet d’amortir le choc." 

La deuxième différence c’est notre système de sécurité sociale, avec un état qui permet d’amortir le choc et d’aider les gens les plus précaires.  Mais à chaque médaille, son revers. 

"Les états pour faire ça s’endettent fortement. En Belgique on estime que le déficit pour 2020 sera de 9% du PIB, ce qui représente 40 milliards d’Euros." 

Il faut donc bien se rendre compte que cet argent, l'Etat va devoir le rembourser tôt ou tard.  Et le pourvoyeur de l'Etat, c'est nous ! Pour faire passer la pilule, l'Etat va quand même devoir faire preuve d’originalité.

« Il faut craindre d’abord une augmentation de certains impôts, aussi de certains services publics. Mais je pense que c’est là l’occasion de faire preuve d’originalité en matière fiscale, et de mettre un terme radical à la complaisance à l’égard de la grande évasion fiscale. Il y a aussi la possibilité d’activer une taxe sur les transactions financières qui à l’avantage de ne pas toucher monsieur et madame tout le monde. Et puis il y a la taxe carbone, car il faudra bien lutter contre le réchauffement climatique, pourquoi ne pas profiter de la situation dans laquelle nous sommes pour faire ce pas ? »

Le monde d'avant et le monde d'après

Pour Giuseppe Pagano, on ne reviendra jamais à l'économie d'avant, ce qui est perdu est perdu. Et si la croissance revient, elle ne rattrapera jamais celle d'avant la crise. 

"Ceci dit, je ne crois pas que l'on va changer le monde.  Il y a une grande inertie mondiale. La plus grande force de l'univers c'est l'inertie. Mais il y aura des changements. Il va falloir penser à une re-localisation de certaines productions. Il faudra aussi accorder plus d'importance aux questions relatives au bien être et à la santé des gens. Mais le monde restera le monde." 

Enfin, face aux déclarations de certains économistes que nous qualifierons de "fantaisistes" qui proposent des taxes sur les "vieux" ou une diminution de salaire des fonctionnaires, Giuseppe Pagano rassure. 

"D'abord les vieux sont déjà taxés et faire une discriminations sur l'âge est anticonstitutionnel. Quant à la diminution des salaires des fonctionnaires pourquoi eux et pas les autres. Par parenthèse, s'il y a bien une chose qu'il faut éviter c'est de diminuer le pouvoir d'achat de ceux qui continuent à travailler. Ce n'est pas ce que je conseillerais en tout cas si nous voulons éviter d'amplifier la crise qui nous attend."

Ces questions et bien d'autres seront débattues ce mardi 26 mai, en live sur le site de l'UMONS où Giuseppe Pagano et Jean Ducobu se feront un plaisir de répondre à vos questions. 

 

 

 

 

 


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