Ce mardi, la cour d'assises du Hainaut a auditionné le juge d'instruction et les enquêteurs chargés du dossier relatif au drame de Strépy-Bracquegnies. Une journée marquante.
Ils ont présenté une partie des investigations menées après les faits survenus le 20 mars 2022, lorsqu'une BMW a percuté un cortège carnavalesque, causant la mort de sept personnes et faisant de nombreux blessés.
Les débats ont d'abord porté sur l'analyse du véhicule conduit par Paolo Falzone. La puissance du moteur a été augmentée à deux reprises en 2020, passant de 292 à 355 chevaux, sans que cette modification ne soit signalée ni à la société de financement, ni à la DIV, ni à l'assureur. Seul le père de l'accusé était informé de ces transformations, auxquelles il s'était opposé. La voiture était louée au nom de la société de la mère de Paolo Falzone.
L'état du véhicule après la collision témoigne de la violence du choc. Des composants en kevlar et en carbone ont été détruits, malgré leur résistance réputée. La face avant gauche est totalement anéantie, la structure du radiateur fortement déformée, et la barre de renfort moteur brisée. Un policier a indiqué n'avoir jamais observé un tel niveau de destruction en 40 ans de carrière. Les dégâts sont estimés à plus de 64.000 euros.
Les enquêteurs ont ensuite détaillé l'exploitation des images de vidéosurveillance. Une première caméra montre le véhicule circulant à vive allure peu avant les faits. D'autres images captées rue des Canadiens retracent la progression de la BMW jusqu'au lieu de la collision.
Les images révèlent que la voiture a freiné trois secondes avant l'impact. Une caméra située à proximité immédiate du lieu du drame capture la collision ainsi que la panique qui s'ensuit. Des témoins évoquent un bruit sourd, suivi de cris et d'appels à l'aide. Une riveraine, alertée par le vacarme, est descendue porter secours aux victimes avec d'autres habitants.
Les appels passés aux services de secours ont également été diffusés. Plusieurs témoins décrivent une scène chaotique, avec de nombreuses personnes au sol. Certains évoquent une explosion ou parlent d'une "bombe", traduisant la confusion qui régnait sur place.
D'autres images montrent des éléments particulièrement marquants, dont le passage d'une victime sous le véhicule. Des témoins indiquent avoir poursuivi la voiture après les faits, l'un affirmant qu'elle avait ralenti avant de rouler sur une personne. Plus loin, des images montrent l'arrêt du véhicule rue Aubry. Les occupants en sortent, tandis que les secours sont alertés.
Enfin, l'analyse du téléphone de l'accusé a permis d'extraire deux vidéos filmées au moment des faits. La seconde montre directement la voiture percutant le cortège, des images particulièrement choquantes pour les parties civiles.
Les débats se poursuivront mercredi avec l'examen d'autres éléments du dossier.
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