La majorité a limité à 40 le nombre de questions écrites et d’interventions par séance du conseil communal. Pour l’opposition, la mesure est dangereuse pour le débat démocratique. Le ministre wallon des Pouvoirs locaux attend des clarifications.
À Charleroi, une décision du conseil communal soulève la polémique : le règlement d’ordre intérieur limite désormais à 40 le nombre de questions écrites et d’interpellations déposées par les conseillers. L’objectif, selon la majorité, est de réduire la charge de travail de l’administration communale, jugée déjà trop lourde.
« On noie des équipes surchargées, parce que ça demande beaucoup d’énergie, alors qu’il existe d’autres moyens plus légers pour nous solliciter », explique Alicia Motard, échevine de la Ville de Charleroi.
Mais du côté de l’opposition, et en particulier du MR, la mesure est vécue comme une entrave au rôle de contrôle démocratique. Jean-Noël Gillard, chef de groupe MR-ICI, ne décolère pas : « C’est scandaleux. Charleroi est une ville de plus de 200 000 habitants, avec des enjeux budgétaires majeurs. On se doit d’être vigilants, surtout dans l’opposition. Nous devons pouvoir discuter de tout sans limitation, pour éviter de devoir faire des choix dans les thèmes abordés lors de nos questions. »
Le MR avait déjà introduit un recours auprès du ministre wallon des Pouvoirs locaux, François Desquesnes. Celui-ci a rejeté le recours dans un premier temps, tout en demandant à la Ville une clarification du règlement contesté.
La question reste donc ouverte : limiter les interpellations est-ce légal, et jusqu’où ? Pour l’heure, aucune réponse claire n’a encore été apportée par les autorités, même si le règlement de la Ville de Charleroi a été adopté dans les règles.
Sur le même sujet
Recommandations
La Sambrienne : la Région passe à l'action, un manager de crise va être désigné
Charleroi: La venue du vice-président européen a été fortement perturbée
Vers la fin de la publicité des aliments affichant un Nutri-Score D ou E?
Raffaele Fitto en visite à Charleroi : entre accueil institutionnel et contestation citoyenne
Le gouvernement wallon confirme la fin du dispositif APE au 1er janvier 2027
Incendie, Antre du Jeu et cadastre des commerces : résumé du conseil communal
Charleroi n’introduira pas de recours contre l’annulation de la taxe aéroportuaire
La Ville de Charleroi met de l'ordre dans son contentieux autour des immeubles inoccupés
Charleroi Métropole : penser le territoire au-delà des frontières communales
Le bourgmestre et les échevins carolos au contact des habitants de Marchienne-au-Pont