Charleroi termine 2025 avec un boni de 13,4 millions d’euros, malgré des efforts importants imposés par le plan Oxygène. Mais derrière ce résultat, la pression budgétaire reste forte et l’avenir du financement des grandes villes inquiète.
La Ville de Charleroi parvient à équilibrer ses comptes pour l’année 2025. Un résultat obtenu au prix de mesures d’économie importantes : non-remplacement de personnel, limitation des nouveaux projets, hausse de certaines taxes ou encore vente de bâtiments.
Selon le collège communal, ces efforts portent leurs fruits. « Charleroi, sur tous les postes de dépenses de fonctionnement, est effectivement moins dépensière que la grande majorité des villes et communes de Wallonie », souligne l’échevin des Finances Eric Goffart. Mais pour lui, cet équilibre reste fragile : « On n’y arrivera pas sans un soutien extérieur et un refinancement, notamment de la Région wallonne. »
Des charges lourdes et un appel à la Région
En effet, malgré ce résultat positif, la situation financière de la Ville reste sous pression. En cause : les dépenses de transfert, les 4P (pensions, pauvreté via le CPAS, police et pompiers) qui représentent à elles seules 234 millions d’euros, soit 42 % du budget communal.
Le bourgmestre Thomas Dermine pointe des déséquilibres structurels : « Il y a une série d’injustices fondamentales pour les villes en Belgique, notamment en matière de pensions ou de financement des zones de police. » Pour la majorité, Charleroi a rempli, et même dépassé, les objectifs fixés dans le cadre du plan Oxygène. « Les chiffres montrent que les feux sont au vert. L’autre part doit maintenant venir de la Région wallonne », insiste Thomas Dermine.
Des visions divergentes dans l’opposition
Dans l’opposition, le constat est en partie partagé, mais les solutions divergent.
Le PTB appelle à un changement de méthode. Sa cheffe de groupe Pauline Boninsegna plaide pour « un audit de la dette et des moyens » et invite la Ville à s’allier avec d’autres communes pour peser face à la Région.
Du côté du MR-IC, la priorité est ailleurs. Son chef de groupe Jean-Noël Gillard estime que « le refinancement passe aussi par la confiance dans la gestion », notamment en matière de sécurité et de politique sociale.
Alors que le mécanisme Oxygène doit arriver à échéance en 2027, des discussions sont en cours entre les communes et la Région wallonne pour préparer la suite. Une chose est sûre : sans réforme du financement, la question des moyens des grandes villes reste entière.
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