L’Union des Villes et Communes Wallonnes demande aux gouvernements fédéral et régional d’aider les grandes villes à s’en sortir financièrement. Le plan Oxygène se terminera fin 2026. L’Union propose donc des mesures de refinancement des grandes villes.
Les grandes villes en grande difficulté budgétaire
Les bourgmestres des grandes villes n’arrêtent pas de le dire. Leur budget est impossible à boucler en particulier à cause des coûts qui ne sont pas de leur ressort, comme les pensions du personnel, le financement des zones de police ou le financement des CPAS. Thomas Dermine, par exemple, le dit et le répète régulièrement, comme il nous l’expliquait lors de la présentation des comptes de la Ville le mois dernier.
« Il y a une série d’injustices fondamentales pour les grandes viles, nous disait le bourgmestre de Charleroi en mai dernier. Par exemple, le financement par le Fonds des Communes ou les Zones de Police qui sont sous-fiancés, ou encore les dépenses en termes de pensions qui sont à charge de la Ville. Alors, autant que je le sache, ce sont des dépenses fédérales. »
L’Union des Villes et Communes demande une aide pour les grandes villes
Mais désormais, c’est l’Union des Villes et Communes Wallonne qui tire la sonnette d’alarme. Sur base d’une grande étude qui montre que les neuf grandes villes wallonnes représentent pas moins de 88% des déficits cumulés de toutes les communes wallonnes. 87% du montant empruntable par les communes l’a été par les grandes villes. Soit 236 millions d’euros à rembourser en 20 ans.
L’Union parle pour les grandes villes d’un déficit structurel. Plus de dépenses et des rentrées plus difficiles. Ainsi que des dépenses d’infrastructures (piscines, théâtres, crèches, écoles,…) qui profitent aussi aux non-résidents alors que ces mêmes personnes payent leurs impôts dans leurs propres communes.
La fin du plan Oxygène inquiète
À la fin de cette année, ce sera aussi la fin du plan Oxygène qui permet aux grandes villes d’emprunter sans intérêt en échange de mesures d’économies. Ce qui les inquiète.
« Les grandes villes concentrent sur leur territoire des services et des équipements qui profitent à d’autres personnes que leurs résidents, explique Rachel Sobry, la présidente de l’Union des Villes et Communes Wallonnes. Et demain, les grandes villes vont toujours concentrer les tribunaux, les hôpitaux, etc. Et ça, ça ne va pas changer. Mais on voit qu’il y a déjà un travail d’assainissement qui a été entamé dans les grandes villes. Mais on comprend que la fin du plan du Plan Oxygène inquiète les grandes villes. »
Les propositions de l’Union aux gouvernements
L’Union des Villes et Communes Wallonnes émet donc toute une série de propositions pour aider les communes. Des mesures à prendre à tous les niveaux de pouvoir:
Communal :
Moderniser la fiscalité immobilière (matrice cadastrale)
Faire contribuer les non-résidents : kots, secondes résidences, taxe de séjour, plateformes
Lutter contre les immeubles vides et les friches
Régional:
Une Dotation Grandes Villes ambitieuse, indexée et renforcée
Réformer la fiscalité routière (leasing, poids lourds, vignette, redevance voirie)
Fédéral:
Pensions : calcul individualisé des avances et d’un soutien financier accessible à toutes les grandes villes Zones de police : réviser la norme KUL pour les réalités urbaines
Et bien entendu, ne pas reporter de charges sur les communes.
Pour ces propositions l’Union des Villes et Communes Wallonnes se dit à disposition des gouvernements pour y réfléchir ensemble.
Sur le même sujet
Recommandations
Vaste campagne d'affichage pour dénoncer le projet de loi sur les visites domiciliaires
La bourgmestre de Montigny-le-Tilleul absente au moins jusqu'à la fin juillet
Charleroi boucle 2025 en boni, mais reste sous pression financière