La fermeture annoncée de la phase à chaud de Thy-Marcinelle ravive les tensions à Charleroi. Au conseil communal, le bourgmestre Thomas Dermine affirme qu’il existe encore des pistes pour préserver l’activité et éviter une perte industrielle majeure.
En janvier dernier, l’entreprise Thy Marcinelle annonçait la fermeture de sa phase à chaud, entraînant la suppression de nombreux emplois. Depuis, les travailleurs se sont engagés dans un mouvement de grève qui dure depuis plus de 25 jours. Lors du conseil communal du 22 juin, le conseiller PTB Mathieu Marchal a interpellé le collège communal sur la position de la Ville et les actions envisagées pour contribuer à une issue positive au conflit opposant les travailleurs à la direction.
Pour le bourgmestre Thomas Dermine (PS), également président de Charleroi Métropole, l’enjeu dépasse largement le cadre local. « L’industrie et la sidérurgie font partie de la fierté de notre passé, mais elles ont aussi un avenir. Il est inenvisageable de fermer une telle activité », a-t-il affirmé. Selon lui, le maintien de ces activités constitue une priorité partagée par l’ensemble des bourgmestres de Charleroi Métropole.
Le bourgmestre insiste sur le fait qu’il existe des alternatives concrètes. Il évoque notamment des contacts pris avec l’entreprise sidérurgique NLMK, ainsi qu’avec la direction et la famille Riva. « Il existe des pistes pour maintenir la phase à chaud, et j’ai la conviction que le gouvernement wallon ne les a pas pleinement explorées », a-t-il déclaré.
Une piste concrète
Parmi les scénarios envisagés, Thomas Dermine met en avant une complémentarité possible avec le site de NLMK à La Louvière. Celui-ci dispose d’un train de laminage actuellement approvisionné en brames importées de Russie. Or, ces importations sont soumises à un embargo prolongé jusqu’en 2028 grâce à une intervention du gouvernement d’Elio Di Rupo. Passé ce délai, l’approvisionnement sera compromis.
Deux options se présentent alors : construire une nouvelle aciérie à La Louvière, un projet estimé à plus d’un milliard d’euros, ou reconvertir une aciérie existante. Dans cette perspective, le site de Thy Marcinelle apparaît comme une alternative crédible. Des études indiquent en effet qu’une telle reconversion serait techniquement réalisable et financièrement plus avantageuse. « C’est plus rapide et deux fois moins coûteux de convertir un outil existant que d’en créer un nouveau », souligne le bourgmestre.
Face à ces éléments, Charleroi Métropole a sollicité une rencontre avec le ministre wallon de l’Économie, Pierre-Yves Jeholet (MR), afin de s’assurer que toutes les pistes ont bien été examinées. Selon Thomas Dermine, tant la famille Riva que les travailleurs estiment que cette option n’a pas été suffisamment explorée.
Le bourgmestre lance un appel à l’action rapide : « Il faut se mobiliser maintenant. Dans quelques mois, il sera trop tard. Nous risquons de nous retrouver avec un outil dans lequel 2 milliards d’euros ont été investis, et qui pourrait cesser de fonctionner, alors même que NLMK est aujourd’hui détenu à 50 % par la Région wallonne. »
Enfin, il a invité les conseillers et députés MR à relayer auprès du ministre le soutien des Carolos en faveur du maintien de Thy Marcinelle.
À lire aussi : Enseignement, intempéries, logement : résumé du conseil communal
Sur le même sujet
Recommandations
Portes Ouvertes dans les centres IFAPME le 24 juin 2026
Il faut aider les grandes villes selon l’Union des Villes et Communes Wallonnes
Vaste campagne d'affichage pour dénoncer le projet de loi sur les visites domiciliaires
La bourgmestre de Montigny-le-Tilleul absente au moins jusqu'à la fin juillet
La première ligne d'assemblage des empennages de F-35 officiellement inaugurée à Gosselies
Les ouvriers de Thy Marcinelle à Charleroi bloquent l'accès au site
Charleroi boucle 2025 en boni, mais reste sous pression financière