Un mois après l'annonce de la fermeture des Cora, les syndicats dénoncent, à la veille des négociations, l'inaction des ministres de l’Emploi, tant wallon que fédéral, dans une lettre ouverte publiée mardi.
Si très vite, après l'annonce de fermeture, "les gouvernements wallon et fédéral se sont préoccupés de recevoir direction et syndicats" (...), depuis lors, "les caméras sont éteintes, et on n'a plus aucune nouvelle des différents gouvernements et ministres", regrette dans cette lettre ouverte le front commun syndical.
Or, pour débuter les négociations, les syndicats CSC, CGSLB et FGTB ont besoin de "connaître les cadres légal et règlementaire avec lesquels ils vont devoir oeuvrer".
Spécifiquement, ils demandent au ministre wallon de l'Emploi, Pierre-Yves Jeholet, d'éclaircir ses plans concernant les cellules de reconversion, alors que le ministre a récemment laissé entendre qu'il voulait confier ces cellules au privé.
"Plus encore chez Cora qu'ailleurs, les travailleurs et travailleuses licenciés auront besoin, non pas d'un stage de formation via une agence intérim pour retrouver un emploi quelconque au plus vite, mais réellement d'un accompagnement sur mesure qui puisse leur permettre de retrouver un projet de vie, un emploi dans lequel ils et elles puissent s'épanouir", soutient le front commun syndical.
À l'échelle nationale, les organisations syndicales rappellent au ministre fédéral de l'Emploi, David Clarinval, l'importance pour le personnel licencié de pouvoir prendre sa prépension à un âge inférieur à 60 ans. "Cela permettrait de trouver des solutions sociales pour des travailleurs qui ont un long passé professionnel, mais également de libérer une enveloppe plus importante pour le plan social des autres travailleurs", soulignent-elles.
Le front commun syndical attire également l'attention du gouvernement fédéral sur le profil particulier du personnel de Cora (en majorité des travailleuses à temps-partiel sans qualification particulière et âgées de plus de 50 ans). "Les mesures d'exclusion que le gouvernement compte mettre en place après deux ans de chômage vont pénaliser ces travailleurs à temps partiels qui n'atteindront jamais le passé professionnel nécessaire pour ne pas être exclus", rappelle-t-il.
"Un comble pour des travailleurs qui n'auront jamais eu l'opportunité de travailler à temps plein parce que le temps partiel est la règle dans le commerce. Votre mesure ne visera donc pas les 'supposés profiteurs qui font du chômage un plan de carrière' comme vous avez l'habitude de le dire, mais des travailleuses à temps partiels involontaires avec horaires variables", fustigent la CSC, la CGSLB et la FGTB, tout en rappelant que ces travailleuses auront pourtant cotisé à l'assurance chômage et pour leur pension toute leur vie.
De manière plus générale, les syndicats critiquent les autres projets du gouvernement, dont le travail de nuit, le travail du dimanche généralisé, ou encore l'élargissement du travail étudiant ou des flexi-jobs, qui vont "condamner les travailleurs du commerce à plus de précarité et de pauvreté".
Du reste, les syndicats demandent aux autorités de trouver des solutions au dumping social, qui vient ternir un peu plus le tableau, au même titre que l'e-commerce, le commerce transfrontalier, la multiplication des enseignes et des magasins.
Plus de 1.700 emplois sont menacés à Bruxelles et en Wallonie par la fermeture de Cora.
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