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La police doit aussi gérer les délations Covid

Le contrôle Covid musclé à Waterloo dont les images ont été massivement partagées sur les réseaux sociaux suscite de nombreuses réactions. Ce contrôle, comme beaucoup d’autres, a été déclenché suite à une dénonciation. Un phénomène qui touche surtout les polices des grands villes, mais pose aussi question.

 

A Charleroi, la police est déborde de dénonciations

A Charleroi, comme dans les autres grandes villes, la délation Covid auprès de la police, c’est devenu un vrai phénomène. On évoque des appels incessants du matin au soir, et parfois même des courriers anonymes confectionnés avec des lettres découpées dans les journaux. Le porte-parole de la police de Charleroi évoquait même sur le site de la RTBF des dizaines de dénonciations par jour.

 

Dans les zones plus rurales, on dénonce moins

Pourtant, dans les zones plus rurales, comme à Aiseau-Presles-Châtelet-Farciennes, si lors du premier confinement, les dénonciations étaient courantes, aujourd’hui, il y en a beaucoup moins. On n’en compte qu’une ou deux par jour, et surtout pour dénoncer des coiffeurs ou esthéticiennes qui continuent leur activité illégalement. Jusqu’ici, la Zone de Police n’a pas reçu de dénonciations pour de grosses réunions et fêtes illégales. Et les dénonciations arrivent principalement par téléphone.

 

Délation ou civisme?

Et ces dénonciations, elles partent parfois d’une volonté de nuire, mais parfois aussi de civisme.

« Comme vous le savez, explique le commissaire Gaël Van Den Bril qui est directeur des opérations de la Zone de Police Aiseau-Presles-Châtelet-Farciennes, dans une Zone de Police, on a pas mal de différends de voisinage. Pour certains, c’est l’occasion de ‘’balancer’’ son voisin avec qui on est en dispute depuis quelques semaines ou quelques années. Et d’un autre côté, on a des personnes qui sont conscientes du problème sanitaire et qui veulent dénoncer par civisme. »

 

Les infractions Covid nécessitent de prévoir plus d’équipes

Reste que les infractions Covid augmentent le travail de la police. Il a fallu prévoir des équipes en plus. Pour la zone Aiseau-Presles-Châtelet-Farciennes, en cette fin d’année, il y aura assez de personnel, malgré les tâches qui s’ajoutent les unes aux autres: la campagne Bob, l’opération Vigilance de surveillance autour des commerces, les patrouilles de fin d’année… Les dénonciations Covid s’y ajoutent. Et le personnel est fatigué mais aussi parfois un peu mal à l’aise dans cette ambiance de délation.

« La police est obligée de constater les infractions et de faire remonter les procès-verbaux vers l’autorité judiciaire, explique encore le commissaire Van Den Bril. Donc oui, c’est le rôle de la police, mais c’est un phénomène nouveau, cette crise sanitaire. Et puis, c’est particulier parce que ça touche absolument toute la population. Donc on a également un rôle de médiateur et d’information. »

 

« Pas question de jouer à la Gestapo »

Mais en cette période de fêtes, même si le nombre d’équipes a été revu à la hausse, dans cette zone de police,  il n’est pas question de ‘’faire la chasse aux fraudeurs Covid’’ d’abord et avant tout. Il faudra donc parfois mettre des priorités.

« La politique pour la Zone de Police, précise le directeur des opérations de la ZP Aiseau-Presles-Châtelet-Farciennes, c’est de ne pas ‘’jouer à la Gestapo’’. Il est évident que si on a une dénonciation pour une famille qui fête Noël à six, sept personnes, on va se renseigner, mais si on a autre chose sur le feu à ce moment-là, ce ne sera pas la priorité. Maintenant, si on a un événement lockdown qui rassemble une vingtaine de personnes, là, on prendra les dispositions. »

Décidément, dans cette crise, il faut toujours s’adapter. Rester très prudents, mais raison garder.


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