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Un hommage en petit comité pour commémorer la catastrophe du Bois du Cazier

Comme chaque 8 août, le Bois du Cazier rend hommage aux 262 victimes du terrible drame vécu en 1956. La cloche Maria Mater Orphanorum a donc sonné 262 fois comme le veut la tradition. Mais cette année, les commémorations ont été différentes avec moins de monde présents vu la crise sanitaire. Retour sur ce 64ème anniversaire particulier. 

50 invités triés sur le volet

8h10, la cloche Marie Mater Orphanorum résonne 262 fois pour les 262 victimes du 8 août 1956. Cette année, Covid19 oblige, c’est en petit comité avec 50 invités que la cérémonie s’est déroulée.

"C'était d'autant plus triste. Les orphelins présents ont représenté les autres orphelins. On a limité au possible les représentations officielles. L'émotion était néanmoins présente. Les efforts que nous venons de faire ce matin au Bois du Cazier, c'est pour permettre que l'hommage d'années en années prenne de l'importance" explique Jean-Louis Delaet, directeur du Bois du Cazier. 

Hommage au personnel soignant

Après des messages mettant en avant le travail du personnel soignant hier et aujourd’hui, l’ambassadrice d’Italie évoque ce parallèle très actuel. "On pense aux mineurs qui sont morts en 1956 mais on pense aussi au personnel soignant et à tous les gens qui ont mis la communauté avant eux. Le problème du travail, du droit au travail et de la sécurité au travail est encore actuelle. Mais Marcinelle est le lieu de l'espoir. On aime cette commémoration car on aime espérer de voir une société différente" a déclaré Elena Basile lors de son discours. 

Plus que jamais, le devoir de mémoire est capital

Des anciens mineurs sont présents comme chaque année depuis 64 ans. Pour eux, Covid ou pas, les commémorations devaient se faire. "Cette année-ci, c'est comme aller à un enterrement! C'est très difficile. On a vraiment mal au coeur" affirme Gaetano La Valle, membre de l'Amicale des Mineurs des Charbonnages de Wallonie. 

"Vous savez le 8 août pour nous, c'est aussi se retrouver et parler de nos compagnons qui ne sont plus là. Malgré cette souffrance, aujourd'hui nous sommes fiers de ce que nous avons fait. Et nous l'apprenons à nos petits enfants. On leur dit ce que nous avons fait, on leur dit comment nos compagnons sont restés au fond" s'exclame Sergio Aliboni, membre de l'Amicale des Mineurs des Charbonnages de Wallonie. 

"C'est revivre ce qu'on a vécu"

Des orphelins du Bois du Cazier sont aussi présents pour faire vivre ce devoir de mémoire. "C'est revivre ce qu'on a vécu et toutes les histoires qui se sont passées à ce moment-là. C'est le même sentiment. Il y a l'angoisse, l'anxiété et tout qui revient. Je suis très émue" confie Loris Piccolo, orpheline et témoin de la catastrophe, les larmes aux yeux. Avant d'ajouter : "J'ai insisté pour qu'on le fasse (l'hommage, ndlr) parce qu'ils ont quand même donnés leurs vies pour leurs familles et pour leurs pays. Il faut continuer à le faire même avec le confinement. C'est le minimum."

Les commémorations se sont clôturées par le traditionnel dépôt de gerbes de fleurs sur le monument reprenant les noms des 262 victimes. L’année prochaine, pour les 65 ans, le Bois du Cazier espère pouvoir faire une cérémonie avec plus de monde et peut-être avec la présence du président italien. 


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