Le projet de construction d'un centre fermé à Jumet continue de faire débat. Aujourd'hui, c'est un collectif de riverains qui a introduit une requête en annulation devant le Conseil d’Etat.
Après le feu vert donné au permis d’urbanisme du centre fermé du Jumet en janvier dernier par le ministre François Desquennes, les opposants au projet continuent de se faire entendre. C’est le cas de ces membres du collectif de riverains, qui viennent d’introduire une requête en annulation devant le Conseil d’Etat.
« La rue Docteur Pircard à Jumet fait partie d’un quartier résidentiel avec de belles propriétés et ce projet ne s’intègrerait qu’à notre dépit. Au-delà de l’aspect humain que soulève un tel projet, nos craintes sont nombreuses. Il y a tout d’abord l’abattage de 180 arbres qui représentent une réelle bouffée d’oxygène dans le quartier. Le bâtiment devrait être semblable à un « super marché » de 10.000m², en plus des places de parking extérieures qui seront situées devant nos habitations. Nous craignons également une pollution luminaire et sonore de jour comme de nuit », explique Sébastien Bidouille, qui est membre du collectif de citoyens.
Des riverains, qui craignent pour leur confort de vie, si ce mastodonte de béton devait un jour sortir de terre.
« Depuis 2018 nous vivons dans l’incertitude et subissons des épisodes de stress et soulagements, entre accords et refus du projet de centre fermé, autrement dit de la construction d’une prison à un jet de pierre de nos habitations. La rue Docteur Pircard de Jumet fait partie d’un quartier résidentiel avec de belles propriétés et ce projet ne s’intègrerait qu’à notre dépits. Un tel projet ne tient concrètement pas compte de l’intégration dans un quartier résidentiel et donc de notre avis. Notre mouvement se définit comme citoyen, participatif et positif, mettant l’accent sur l’action concrète et l’engagement local. Le mouvement favorise le dialogue interne, la participation des citoyens et un débat d’idées permanent, reflétant une approche politique alternative et créative », indique Alberto Munoz Y Moles, qui est également membre du collectif de riverains.
Autre inquiétude, avec les risques immobiliers que cela pourrait engendrer.
« Selon une expertise immobilière agréée, la dévalorisation estimée pour les habitations directement concernées s’élèverait à environ 30 %, soit une perte supérieure à 100.000 euros dans notre cas. La vente de notre maison pourrait sembler être une solution. Mais qui souhaiterait acquérir une villa en bordure immédiate d’une prison ? La seule issue serait, une fois encore, de vendre, à perte. Il est évident que nous n’aurions jamais acheté ce bien si nous avions eu connaissance d’un tel projet. Nous sommes aujourd’hui profondément inquiets à l’idée de devoir continuer à rembourser un crédit
pour un bien dont la valeur serait lourdement amputée », ajoute Sébastien Bidouil.
Appuyée par le collectif « Ni Jumet, Ni Ailleurs », la démarche des ces riverains devrait être analysée par les magistrats du Conseil d’Etat dans les semaines à venir.
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