Ryanair a toujours l'intention de réduire ses activités en Belgique, notamment en supprimant cinq avions à Charleroi dès la saison hivernale, si le gouvernement fédéral impose la hausse de la taxe sur les billets d'avion.
"Mais nous n'allons pas fermer complètement la base de Charleroi", a affirmé le CEO de la compagnie aérienne irlandaise, Michael O'Leary, lors d'une visite de presse au siège de la compagnie à Dublin.
Le gouvernement fédéral souhaite doubler la taxe aérienne pour les vols de plus de 500 kilomètres à partir de l'année prochaine, la faisant passer de 5 à 10 euros. Le montant sera ainsi aligné sur celui des vols courts (même si la taxe sur ces derniers devrait ensuite passer à 11 euros). Le ministre des Finances Jan Jambon (N-VA) a déclaré cette semaine qu'il n'avait pas l'intention de revenir sur cette décision.
Cela devrait donc entraîner le retrait par Ryanair de cinq de ses 19 avions opérés à Charleroi à partir de l'hiver. Vingt liaisons disparaîtront (15 à Charleroi et cinq à Zaventem), ce qui représente une perte de deux millions de passagers par an, a précisé M. O'Leary.
Selon Ryanair, cette réduction d'activité à Charleroi entraînerait également la suppression d'environ 150 emplois, mais les pilotes et membres d'équipage concernés, dont beaucoup sont étrangers, se verront proposer un poste sur une autre base.
Pourtant, "nous voulons nous développer en Belgique", a affirmé ce dernier. "Ryanair a pour ambition de faire passer le nombre de passagers de 208 millions en 2025 à 300 millions dans les années à venir. Nous souhaitons réaliser une partie de cette croissance à Charleroi et à Zaventem, mais pour cela, la taxe sur les billets d'avion doit être supprimée et les frais aéroportuaires doivent baisser."
Pour le CEO de Ryanair, si la taxe sur les billets d'avion n'est pas augmentée, aucun avion ne disparaîtra de Charleroi et rien ne changera. Si la taxe est complètement supprimée, cela permettra également une croissance supplémentaire en Belgique.
Ryanair a présenté un plan de croissance prévoyant une augmentation de près de moitié du nombre de passagers en Belgique d'ici à 2030, pour atteindre 16 millions.
La compagnie irlandaise rouvrirait alors sa base de Brussels Airport, aéroport depuis lequel elle opère toujours, mais où elle ne dispose plus d'appareils, et envisagerait même des vols à destination et en provenance de Liège. Ce plan de croissance ne se concrétisera toutefois que si toutes les exigences de Ryanair sont satisfaites, notamment un assouplissement de la réglementation relative aux vols de nuit à Bruxelles.
À l'inverse, la hausse de la taxe sur les billets d'avion entraînerait une réduction des activités. La fermeture de la base de Charleroi n'est toutefois pas envisagée. "Normalement, nous ne fermerons jamais Charleroi", a dit M. O'Leary. "Nous n'allons pas menacer de fermer Charleroi. C'est l'une de nos plus grandes bases, et nous avons investi beaucoup de temps et d'efforts dans le développement de cet aéroport au cours des trente dernières années. Mais à long terme, nous pourrions réduire la base à, disons, dix avions."
M. O'Leary a également évoqué la flambée des prix du kérosène, conséquence de la guerre au Moyen-Orient. La compagnie a couvert 80% de ses besoins en carburant jusqu'en mars prochain à un prix moyen de 67 dollars le baril, alors que le prix actuel s'élève à 100 dollars, voire plus. "Nous ne nous couvrons pas encore pour la période suivante, car nous anticipons une baisse des prix dans les mois à venir. Mais nous pourrions nous tromper. Si les prix n'ont pas baissé d'ici à septembre, nous commencerons à nous inquiéter."
Compte tenu de l'incertitude des consommateurs, M. O'Leary n'anticipe aucune hausse de prix cet été. "Les tarifs devraient rester stables. Nous devons inciter les gens à voyager en proposant des prix légèrement inférieurs" aux 3 à 5% de plus qui étaient prévus.
Selon l'Irlandais, d'ici cinq ans environ, il ne restera de toute façon que quatre grands groupes en Europe, parmi lesquels, outre Ryanair, le groupe allemand Lufthansa (avec Brussels Airlines), le groupe franco-néerlandais Air France-KLM et IAG, la maison mère de British Airways et d'Iberia.
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