Le cri de détresse d’un agriculteur de Chimay

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Après les Français, les agriculteurs wallons se mobilisent. Le nombre de normes et les démarches administratives qui n’en finissent pas, les revenus trop bas et les frais trop hauts. Les agriculteurs sont à bout. Eugène Baudouin, agriculteur à Chimay, clame sa crainte pour l’avenir de la profession.

Le quotidien d’Eugène Baudouin, agriculteur de père en fils, c’est de plus en plus le travail sur son ordinateur, pour remplir les formulaires administratifs émanant d’un peu partout.  Il n’est donc plus autant que, comme son père et son grand-père, majoritairement auprès de ses bêtes ou dans ses champs, à son grand désespoir.

 

« Je passe presque plus de temps dans mon bureau qu’avec mes bêtes, déplore Eugène. Quand ce ne sont pas les normes européennes, Afsca, antibiotiques,… Ça n’arrête pas. Des papiers, des papiers et encore des papiers. Le problème, c’est qu’on n’est jamais sûr d’être en ordre avec ces papiers. On serait encore payés pour ça, ça irait encore. Mais non. »

 

Difficile et pas rentable

 

Toutes ces normes, ça demande aussi d’être hyperattentif à tout. Et aussi à des choses parfois inattendues.

 

« On n’est jamais sûrs que ce qu’on fait est bien, dans la légalité, ajoute Eugène. Et c’est VRAIMENT fatigant. On nous demande de faire de la qualité. Et on en fait! Il n’y a pas de produits plus qualitatifs et plus vérifiés qu’en Europe. Mais à côté de ça, on importe des produits qui viennent de 20, 25 000 kilomètres et qui ne sont pas certifiés comme les nôtres le sont et on fait manger ça aux gens. Il y a une distorsion qui ne fonctionne pas. C’est pas clair. Moi, je suis contre. »

 

Et tout ça pour des rentrées financières qui deviennent pratiquement dérisoires.

 

« Mon papa vendait le froment plus cher que je ne le vends actuellement, continue l’agriculteur de Bourlers. Je vends mes bêtes moins cher qu’il y a trente ans. Forcément, on doit produire plus pour s’en sortir. Mais ça n’est pas mon but. Et si on produit trop, on fait encore baisser les prix. C’est vraiment compliqué à gérer. »

 

« Il n’y a pas d’avenir… »

 

L’inquiétude d’Eugène, elle est partagée par ses deux fils qui travaillent avec leur père et espèrent reprendre la ferme familiale.

 

« Les charges sont toujours plus importantes, se désole Cyriel, le fils d’Eugène. Les frais augmentent. Je me demande si je vais pouvoir y arriver. Ça ne va pas être facile. Est-ce que les banques vont me financer? Je ne sais pas sur quelle base je dois me lancer. Ça ne va pas du tout. Je ne sais vraiment pas… »

 

« Il faut que ça change!, conclut Eugène Baudouin. Autrement, il n’y a pas d’avenir. La profession va s’éteindre. On va perdre notre souveraineté alimentaire. On va bouffer de la merde, ça, c’est sûr. Quand on en aura à manger! C’est grave. L’heure est grave… »


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