Le Grand Palais de Charleroi entre dans une nouvelle ère. Dix ans après sa transformation, l’ancien Palais des Expositions décroche le prestigieux Prix Mies van der Rohe 2026. Une reconnaissance européenne qui symbolise le renouveau de la ville.
Le Palais des Expositions de Charleroi, aujourd’hui renommé le Grand Palais, n’a jamais aussi bien porté son nom. Grand par sa superficie — 60 000 m² — mais surtout par la récompense prestigieuse qu’il vient de recevoir : le Prix Mies van der Rohe, décerné par l’Union européenne pour l’architecture contemporaine 2026. « Dès le premier jour, je savais que le projet allait remporter le prix Mies van der Rohe, se réjouit Georgios Maïllis, bouwmeester de la Ville de Charleroi. Comme quoi, l’architecture est une discipline qui prend du temps. Pour la construction d’une ville, le temps urbain est différent du temps humain. »
Dix ans déjà que le projet de rénovation du Palais des Expositions a débuté. À l’époque, Charleroi traîne la réputation d’être l’une des villes les plus moches du monde. « Oui, c’était difficile de convaincre qu’il ne fallait pas démolir le bâtiment, acquiesce-t-il. C’était un projet étonnant, alors que d’autres propositions architecturales, plus évidentes, étaient aussi beaucoup plus coûteuses et nous menaient dans une impasse. »
35 millions d’euros: c’est l’enveloppe allouée à la rénovation de ce mastodonte de béton. Un défi de taille, avec une contrainte majeure : réduire drastiquement la consommation d’énergie. « Il fallait un bâtiment zéro énergie, se souvient Inge Vinck, l’une des architectes. Mais nous avons choisi de le faire différemment, en l’ouvrant. Cela nous a permis d’obtenir des moyens supplémentaires pour rénover les deux autres parties. »
Réutiliser plutôt que démolir : c’est cette ligne de conduite qui a permis au projet de se démarquer, notamment grâce à la préservation des façades en béton. « Cela a été un élément moteur du projet, explique Benoît Vandenbulcke, du bureau d’architecture AgwA. Le budget limité nous a obligés à faire des choix très stratégiques, mais c’était une contrainte plutôt positive dans le processus architectural. »
Décerné tous les deux ans, ce prix va replacer Charleroi sur le devant de la scène. Avec cette distinction prestigieuse, le Grand Palais se hisse désormais au rang de réalisations emblématiques comme l’Opéra d’Oslo ou la Bibliothèque nationale de France. Longtemps critiquée, la ville s’offre aujourd’hui une reconnaissance européenne et un nouveau regard. Le Grand Palais devient le symbole d’un renouveau… et d’une ville qui retrouve sa place sur la carte.
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