En Wallonie, près d'un sans-abri sur cinq (19,1%) est un jeune de 18 à 25 ans, selon des chiffres communiqués à Belga par Nicolas De Moor, assistant de recherche au Centre Interdisciplinaire de Recherche, Travail, État et Société (CIRTES) de l'UCLouvain.
Et selon la même étude, plus de 40% de ces jeunes sans-abri sont des femmes.
L'étude, effectuée dans 113 communes wallonnes, ce qui représente 49,4% du territoire en termes de population, a dénombré 7.759 sans-abri adultes dont 1.482 ont entre 18 et 25 ans. Parmi cette dernière catégorie, 58,7% sont des hommes. La majorité des jeunes en situation de sans-abrisme ont la nationalité belge (74%) et 66,2% sont nés en Belgique.
Au niveau de leur parcours, les chiffres montrent que 14,1% des jeunes concernés ont déjà séjourné au sein d'une institution d'aide à la jeunesse. Un peu moins de 10% ont, à un moment de leurs parcours, été admis en institution psychiatrique. Des problèmes de santé mentale touchent d'ailleurs 15,2% des jeunes sans-abri et un peu plus d'un jeune sur dix souffre d'assuétudes.
Certaines zones affichent une proportion de jeunes parmi les sans-abri légèrement plus importante. C'est le cas de plusieurs communes hennuyères telles que La Louvière (23,9%), Mons (20,0%) et Tournai (19,6%). Toutefois, des régions habituellement plus épargnées économiquement, comme le Brabant wallon, affichent une proportion équivalente (20,5%). De façon globale, les chiffres sont assez stables entre les régions, ce qui tord le cou aux idées reçues. "On constate une permanence de la proportion d'un jeune sur cinq, aussi bien dans des milieux urbains que plus ruraux", note Nicolas De Moor.
Environ la moitié de ces jeunes trouve une solution d'hébergement chez des amis, de la famille ou un tiers. Ils ont ensuite recours à un foyer d'hébergement (24,4%) ou à un "logement" non conventionnel (8,3%), de type garage, tente ou squat. Toutefois, 3,4% d'entre eux sont à la rue.
Environ six jeunes sans-abri sur dix (61,3%) bénéficient d'un revenu d'intégration sociale (RIS) et 5% ont même un travail. Des résultats interpellants que le chercheur lie, en partie, à la crise du logement. "On peut se demander si dans certaines régions, avoir un RIS ou un salaire suffit encore pour avoir un logement. On sait aussi que certains propriétaires sont réticents à louer un bien à une personne qui bénéficie d'un RIS", poursuit le chercheur.
Enfin, la durée d'instabilité de logement est de 4 à 11 mois pour 36,3% des jeunes. On constate toutefois qu'une durée d'un à deux ans concerne 17,3% des jeunes et qu'ils sont encore 9,2% à n'avoir aucune solution de logement après deux ans.
De façon générale, cette forte représentation des jeunes parmi les sans-abri démontre la pluralité des parcours de vie. "On s'éloigne totalement de l'image que se font certains des sans-abri, trop souvent vus comme des hommes adultes à la rue, avec une canette en main. On est face à une combinaison de facteurs individuels (violence intrafamiliale, parcours migratoire, assuétudes...) et de mécanismes structurels d'exclusion sociale (logements inaccessibles, pauvreté structurelle...), ajoute Nicolas De Moore.
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