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Un château comme administration communale : gouffre financier ou prestigieux?

Avoir une administration communale installée dans un château, c’est toujours prestigieux. Mais pas forcément économique. A Fontaine-L’Evêque, le château Bivort qui accueille les bureaux de la commune devient vétuste et est devenu un véritable gouffre énergétique. A tel point que les édiles communaux réfléchissent à la possibilité de construire une cité administrative. Par contre, à Ham-sur-Heure-Nalinnes, on a choisi de laisser l’administration dans le château, mais de jouer sur la rénovation et l’entretien. Question de prestige ou de modernité. Un choix difficile.

A Fontaine, le château Bivort est un gouffre énergétique et financier

Au fil des années, le château Bivort qui accueille l’administration communale de Fontaine s’est dégradé. Aujourd’hui, les bureaux témoignent de sa vétusté. Que ce soit au niveau des poutres ou des châssis, par exemple. Avec la toiture en mauvais état et à rénover, les infiltrations s’invitent dans les étages. Les chassis sont souvent pourris et parfois même ne s’ouvrent plus. Et les locaux sont donc extrêmement difficiles à chauffer.

« Les châssis et les portes sont d’époque, ironise Karine Vandamme, une employée communale. Et donc, pas facile de vivre dans les courants d’air. On essaye de ne pas être malade. Donc nous avons tous notre petite laine avec nous. »

Les chaudières sont régulées, elles chauffent moins en heures creuses. Mais elles ne chôment pas.

« En saison d’hiver, on est à trois mille litres de mazout par semaine, déplore Laurence Boulanger, la Directrice Générale de Fontaine-L’Evêque. On a donc un camion qui fait un plein d’office chaque semaine. Ca génère un coût financier important. Ce qui représente ce que, quelquefois, un ménage de quatre personnes dans une villa quatre façades consomme sur une année. »

La salle des mariages entièrement rénovée est la preuve que Fontaine veut garder le château dans son patrimoine. Mais plus que ce soit l’administration communale. On réfléchit même à construire un complexe administratif.

« Je pense qu’en terme de rationalisation, poursuit la DG, le fait d’avoir une cité administrative qui rassemblerait l’ensemble des services communaux, y compris ceux du CPAS, permettrait effectivement un meilleur fonctionnement, et une réduction des coûts, puisqu’évidemment, plus vous multipliez le nombre de sites et plus vous multipliez les frais d’entretien. »

Mais il faudra aussi gérer le futur du château. Et réfléchir aux économies d’énergie à faire. Même si une demande d’aide a été faite au service Patrimoine d cela Région Wallonne. D’autant que le bâtiment est classé. On ne peut donc pas le rénover comme on veut, sans autorisation du service Patrimoine de la Région Wallonne. Et rien que la réparation de la toiture coûterait déjà un million d’euros. »

A Ham-sur-Heure-Nalinnes, on a choisi d’entretenir et rénover

A Ham-sur-Heure-Nalinnes, par contre, la situation est toute autre. Depuis des années, on mise sur le fait de garder l’administration communale dans le château d’Ham-sur-Heure. Et de miser sur la rénovation, les économies et l’entretien.

« On sait qu’un bâtiment comme celui-ci n’est pas un cadeau en matière énergétique, reconnaît Yves Binon, le bourgmestre MR d’Ham-sur-Heure-Nalinnes. Mais quand on le sait, il faut travailler dans le sens des économies et faire attention à ce qu’on fait. Depuis 1989, nous avons fait appel à une gestion technique centralisée, parce que la règle dans le chauffage, c’est de chauffer quand on en a besoin et de ne pas chauffer en dehors des heures d’occupation. « 

Au château communal, on a regroupé les services, y compris ceux du CPAS, ce qui permet d’occuper tout le bâtiment et donc de repérer plus vite, au jour le jour, les petits probeèmes, comme l’humidité ou les dégâts aux châssis, entre autres. Ils sont ensuite réparés par les ouvriers communaux. Et la volonté, c’est de laisser l’administration dans le château. Entre autres, pour le prestige du lieu.

« On est tous fiers d’avoir un château, poursuit Yves Binon, mais il ne faut pas non plus que ça coûte cher à la population. Mais personne ne voudrait qu’on construise une nouvelle maison communale. C’est le château d’Ham-sur-Heure. C’est l’endroit repère pour notre commune. Et je pense que nos visiteurs se disent: ‘’Ca, c’est une maison communale! ‘’». 

D’un château communal à l’autre, la mise en lumière est différente. A chacun ses options: tradition ou modernité. Prestige séculaire ou économie et construction.


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