La Brasserie du Val de Sambre (Ada, Chérie...) dépose le bilan. Elle fait aveu de faillite auprès du tribunal du commerce.
C'est un petit choc dans le monde brassicole carolo. Après plusieurs années compliquées, le propriétaire de la Brasserie du Val de Sambre qui produit entre autres l'Ada, la Chérie ou encore la Blanche de Charleroi, a déposé ce lundi le bilan auprès du Tribunal de commerce de Charleroi.
Selon nos informations, la décision aurait été prise en raison des difficultés financières persistantes, du manque de trésorerie mais également d'une situation brassicole globale défavorable.
La faillite devrait donc être prononcée et un curateur nommé.
L'échec d'un projet ambitieux
L’histoire brassicole de l'abbaye d'Aulne remonte au Moyen Âge : les moines de l’abbaye d’Aulne brassaient déjà de la bière. En 1752, un incendie détruit la brasserie. Elle est reconstruite en 1796, mais l’activité brassicole cesse vers 1850. Pendant plus d’un siècle, la tradition disparaît complètement.
En 1998, les établissements Leveau relancent le projet. Objectif : reproduire les anciennes recettes monastiques sur le site même de l’abbaye. Les anciennes écuries du XVIIIe siècle sont restaurées pour accueillir la production. Et la brasserie devient une brasserie d’abbaye reconnue, perpétuant un savoir-faire traditionnel.
Mais c'est en 2015 que la brasserie va prendre une nouvelle dimension avec le lancement du projet d’une nouvelle unité de production à Thuin lancée par un investisseur espagnol. La Brasserie du Val de Sambre est née. Sa construction débute en 2017 et son inauguration aura lieu en 2019.
La production d'une capacité de 50 000 hectolitres/an, auparavant partiellement sous-traitée, est alors rapatriée localement. Et devait prendre son plein essor en 2020. Mais le Covid 19 en décidera autrement. Les ventes ne décolleront jamais vraiment, en Belgique, ni à l'exportation sur laquelle la brasserie comptait beaucoup.
Elle ne s'en remettra jamais, souffrant également de choix financiers pas toujours très judicieux de la part de l'investisseur.
C'est donc aujourd'hui la fin d'une aventure qui aura duré à peine 10 ans.
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