Depuis hier, la Justice a entamé son déconfinement. A Charleori, le Palais reprend toutes ses audiences. Mais il a fallu s’adapter.: port du masque obligatoire, distances de sécurité, gel hydro-alcoolique et parcours fléché pour empêcher de se croiser. Mais tout ça a du se réaliser sur base des bonnes volontés, sans aide matériel de l’4Etat. Mas cette reprise se veut aussi la plus humaine possible.
Les audiences reprennent
Dès l’entrée du Palais de Justice, les masques sont obligatoires et les casiers désinfectés. Avec mesures de prudence, la justice carolo a repris. Toutes les audiences sont rouvertes. Pourtant, la justice n’avait pas complètement arrêté ses activités pendant le confinement. Il y a eu des affaires en procédure écrite et de la vidéo-conférence. Et les affaires non urgentes ont été simplement retardées.
«Les juges d’instruction, le personnel et les juges dans les saisies, en référé, le protectionnel au niveau de la Jeunesse, tout ça a fonctionné, précise Martine Michel, la vice-présidente du Tribunal de Première Instance de Charleroi. Les chefs de corps sont venus tous les jours pour essayer de faire fonctionner ce tribunal. On a travaillé au ralenti, mais on a travaillé. »
Une signalétique et des protections « bricolées » comme on a pu
Et avec la reprise, il a fallu aménager des parcours. Mais ici, on parle de bricolage. Les indications au sol ont été réalisées sur l’imprimante du Palais. Et faute de moyens, pas de Plexiglas de protection, mais du simple film plastique.
« Ce bricolage, poursuit Martine Michel, ce sont des rubalises avec des chaises au milieu des corridors pour avoir un sens de circulation. Un trajet dans un sens et un dans l’autre pour ne pas se croiser. Toute cette organisation, que ce soit dans les couloirs ou dans les greffes avec les films plastiques qui protègent les employés du public, ce sont Madame le greffier en chef ou Madame la présidente de division qui ont, sur leurs propres deniers, payé le gel hydro-alcoolique et installé ces films. »
Dans les audiences, on veille à la distanciation sociale. Mais avec les masques, pas évident de se faire une idée dans les procès. Il est souvent impossible de deviner l’expression du plaignant, de l’accusé ou de l’avocat. Dans certains cas, les juges demandent donc s’ils acceptent de retirer leur masque en respectant bien sûr la distanciation sociale.
La justice veut garder un visage humain
Pour l’instant, on doit venir seul au Palais. Mais la justice carolo veut rester humaine.
« Un procès, conclut la vice-présidente du Tribunal de Première Instance de Charleroi, ce sont des moments qui sont humainement difficiles pour la personne qui est convoquée, à qui on reproche quelque chose ou qui a été victime de quelque chose. On le comprend évidemment, et il y a donc un certaine tolérance au cas par cas. L’humanité de la Justice, on ne peut pas la perdre. Et cette expérience-ci nous la montre aussi. »
Il faudra encore du temps pour rattraper l’arriéré des dossiers, mais cette crise, c’est aussi une occasion de se repenser.
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