La cour d'assises du Hainaut a prononcé, mercredi, une peine de 12 années de réclusion criminelle contre Faysel Amzaourou, reconnu coupable du meurtre d'Abdealli Hadjem, commis sur l'avenue de l'Europe à Charleroi, le 3 juillet 2022.
Plus tôt, l'avocate générale avait requis une peine de dix-huit ans, demandant au collège de ne pas descendre sous quinze ans. La défense avait plaidé une peine comprise entre cinq et dix ans de réclusion criminelle.
Mercredi, en fin d'après-midi, le jury avait rendu un verdict de culpabilité, retenant le meurtre, alors que la défense avait plaidé des coups ou blessures, provoqués, ayant entrainé la mort sans intention de la donner.
Les faits s'étaient déroulés dans la soirée du 3 juillet 2022 sur l'avenue de l'Europe à Charleroi. Les deux hommes, qui habitaient le même immeuble, s'étaient battus dans l'immeuble puis dans la rue. Un coup de couteau avait été porté lors de la rixe. L'accusé avait pris la fuite.
À leur arrivée, les secours avaient découvert la victime étendue sur le dos dans une mare de sang, avec une plaie au thorax, côté gauche, quelques centimètres sous le cœur. Les tentatives de réanimation étaient restées vaines.
La victime avait été identifiée le lendemain comme étant Abdealli Hadjem, né en 1978 à Relizane (Algérie). Célibataire, il se trouvait en séjour illégal en Belgique.
L'auteur présumé du coup fatal avait rapidement été identifié comme étant Faysel Amzaourou, un voisin domicilié dans le même immeuble de l'avenue de l'Europe. De nationalité marocaine, l'homme est marié et père de famille, ce qui lui a permis de régulariser sa situation. En fuite depuis 10 jours, il avait fini par se rendre à la police.
Mercredi, les jurés ont estimé l'intention d'homicide établie par l'usage d'une arme létale (un couteau), la connaissance du caractère létal de cette arme par l'accusé, la localisation des coups portés (le thorax), la profondeur du coup porté (entre et 11 et 12 centimètres) et la violence. La lame a perforé le thorax et le cœur.
Concernant la provocation, les jurés ont retenu que l'accusé a provoqué la victime, à plusieurs reprises, par des gestes et des paroles. Lors de l'audience, celui-ci a reconnu le caractère disproportionné de son attitude et de l'usage d'une arme létale.
Sur le volet de la peine, le collège a reconnu des circonstances atténuantes en faveur du condamné : ses regrets sincères et l'amorce d'une remise en question, ses capacités intellectuelles sous la moyenne et le climat anxiogène qui régnait au sein de l'immeuble.
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