113 070 dossiers ont été enregistrés en 2025 au parquet de Charleroi. Si la justice apporte une réponse dans la majorité des cas, les violences intrafamiliales et le trafic de stupéfiants restent préoccupants.
113 070 : c’est le nombre de dossiers enregistrés au parquet de Charleroi pour la seule année 2025. Pour les dossiers correctionnels, par exemple, si l’on ajoute ceux déjà en cours, 73,8 % ont pu recevoir une réponse pénale.
« Il y a plusieurs possibilités, des modes alternatifs aux poursuites : ce n’est pas toujours aller devant le tribunal », précise Vincent Fiasse, procureur du Roi de Charleroi.
Le message à la population est clair : dans la majorité des dossiers, la justice apporte une réponse, ce qui contribue à réduire le sentiment d’injustice ou d’impunité.
Mais comme à Bruxelles ou à Anvers, Charleroi n’échappe pas à la recrudescence de la criminalité liée aux stupéfiants. La Task Force a donc été réactivée.
« Grâce à cette grande cohésion, nous avons pu démanteler deux bandes rivales : la première via une trentaine de mandats d’arrêt, et dans l’autre bande, l’un des leaders a été refoulé vers l’étranger. »
Autre constat marquant : la forte augmentation des violences intrafamiliales. En seulement deux ans, le nombre d’affaires est passé de 5 800 à 7 500.
« Lors d’une garde de nuit, le magistrat est avisé, dans trois cas sur quatre, pour des faits de violences intrafamiliales. C’est donc une problématique à laquelle nous devons faire face au quotidien à Charleroi. »
Parmi les 13 000 dossiers traités en jeunesse, on retrouve les mineurs en danger, qui représentent trois quarts des dossiers.
« Particulièrement dans notre région, qui est assez paupérisée, avec des difficultés sociales et éducatives qui font qu’il y a une série d’enfants pour lesquels nous devons prendre des mesures de protection. »
Mais la suite de l’année 2026 ne sera pas de tout repos pour la justice belge. Avec l’entrée en vigueur, le 8 avril prochain, du nouveau Code pénal et la numérisation en cours, il va falloir s’adapter très rapidement.
« C’est compliqué pour l’ensemble des équipes, puisqu’on va devoir jongler avec l’ancien et le nouveau Code pénal, vérifier si les faits sont toujours punissables ou s’ils doivent être qualifiés différemment. Ce sera véritablement un travail juridique complexe. Et cela va nécessairement ralentir le cours de la justice. »
Pas de période de sursis donc pour le parquet de Charleroi, avec plusieurs objectifs : éviter d’accumuler du retard tout en maintenant un taux de réponse élevé. L’équilibre fragile de la balance ne sera pas facile à maintenir.
Sur le même sujet
Recommandations
Assises du Hainaut : Faysel Amzaourou condamné à 12 ans de réclusion criminelle pour meurtre
Quinze mois de prison ferme pour port d'armes, des menaces et une dégradation
Suspension du prononcé pour une institutrice condamnée pour des coups à trois élèves
Au moins quatre ans de prison requis pour un trafic de cannabis en association
Un homme condamné à cinq ans de prison pour tentative de meurtre, le second acquitté
Arrestation de voleurs qui, déguisés en agents, dérobaient de la drogue
Six ans de prison ferme pour une tentative de meurtre avec une bêche
Appel Hainaut : Le procès de Vincent Stavaux reporté au 10 mars 2026