L'avocat général a requis, jeudi devant la cour d'assises du Hainaut, l'acquittement de Steven Pillod (37). Ce dernier est poursuivi aux côtés de son père Marcel Pillod (69) pour l'assassinat d'Albert Baise (74) commis le 26 avril 2017 à Charleroi.
D'après le magistrat, qui avait déjà requis un non-lieu lors de l'instruction, aucun élément probant ne permet d'établir la participation directe de Steven aux faits.
Le ministère public considère en revanche ce dernier coupable de recel de cadavre. Le corps de la victime avait été retrouvé dans une valise flottant sur le canal Charleroi-Bruxelles, à hauteur de l'écluse de Viesville. Toutefois, l'avocat général a demandé que l'accusé bénéficie d'une excuse, estimant qu'il aurait agi sous l'emprise de son père, décrit comme manipulateur.
Depuis qu'il a été impliqué dans cette histoire, Steven ne parlerait toutefois plus à Marcel.
L'avocat de la défense, Me Nabil Khoulalène, a plaidé l'absence totale d'implication de son client, s'appuyant notamment sur l'analyse de téléphonie. Selon celle-ci, Steven Pillod ne pouvait se trouver rue Tumelaire à Charleroi au moment du décès d'Albert Baise, survenu précisément à 15h57, comme l'indiquent les données du pacemaker de la victime. Le téléphone de l'accusé activait alors des bornes situées à Châtelet, trop éloignées pour correspondre à la scène du crime.
Concernant le recel du cadavre, la défense a également contesté toute participation active : si Steven Pillod accompagnait bien son père lors de l'achat de la valise, il n'aurait toutefois joué aucun rôle décisionnel, comme l'attesteraient les images de vidéosurveillance du magasin. Quant à un cheveu retrouvé dans la valise, la défense a soutenu qu'il ne pouvait être relié au crime au vu des données de téléphonie.
Me Khoulalène a rappelé que sans homicide, il ne peut y avoir recel de cadavre. À défaut, une cause d'excuse absolutoire devrait s'appliquer.
Après les répliques, le jury se retirera à huis clos pour délibérer. Le verdict sur la culpabilité est attendu dans la journée. Les deux hommes comparaissent libres à leur procès.
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